Gāng hóu, le Singe d’acier

Type de monde : Sphérique rocheux

Taille : E

Rotation : 19 heures

Révolution : 208 jours

Lunes : Chángbìyuán

Population : 138 942 lao, 39 431 bù chún

Trame magique : Tellur resserrée, magie divine dominante

La plus proche planète du soleil blanc est un orbe froid au ciel d’un blanc perlé, dont la surface est essentiellement recouverte par une toundra gelée. De grandes mers polaires sont fréquemment encombrées d’icebergs, tandis que la région équatoriale est dominée par quelques hauts plateaux, sur lesquels se dressent les principales cités.

Des vents froids soufflent les deux tiers de l’année, et de la neige tombe le reste du temps. La flore locale n’est pas très développée, mais des vestiges disséminés sur toute la surface indiquent qu’une jungle luxuriante existait jadis. Environnement de prédilection des At’uru, qui régnèrent longtemps sur ce monde, il semblerait donc que leurs métropoles en ruines, toutes érigées sur les plateaux équatoriaux, devaient également émerger au milieu d’un océan végétal très dense. Des fresques indiquent également que les mers polaires étaient alors bien plus étendues, recouvrant les actuelles régions de toundra. 

Ports d’accueil : Bâtie sur les ruines de la plus importante métropole At’uru, le port impérial de Xiédài héjīn est le centre majeur pour le négoce des métaux. Le Zhōuzhǎng Chen-Lot Puan règne sans partage sur le fructueux commerce des alliages sortant des forges de sa capitale, éliminant toutes les guildes cherchant à contester son monopole, limitant même la présence d’aventuriers dans les rues. C’est sous son règne que la Maison Puan a obtenu les faveurs de l’Empereur-dragon, et sa principale préoccupation depuis lors est de perpétuer sa lignée, en conservant son autorité sur ce système.

La cité, regroupant deux tiers de la population planétaire, est formée de grands quartiers fortifiés individuellement, rayonnant autour du port spatial composé de dix-huit grands berceaux de pierre, dont les arceaux sont sculptés à la semblance de prestigieux fonctionnaires impériaux. Une grande place entoure la zone portuaire, permettant d’accéder aux différents quartiers via des portes majestueuses, agrémentées de dragons blancs et gardées par les Zhànshì. Les pagodes du palais impérial occupent tout un quartier, cernées de parcs et de bassins où règnent une chaleur presque tropicale. De jeunes Lóng wūshī ont pour unique fonction de maintenir les lieux en l’état, vivant au palais en tant que courtisans.

La place centrale accueil le grand marché de Xiédài héjīn, renommé pour la profusion de ses fruits multicolores, développés dans un quartier attenant à celui du palais, sous des serres surchauffées grâce à un système de canalisations puisant la chaleur loin sous la surface. Bien entendu, seuls les quartiers alloués aux fonctionnaires et aux nobles bénéficient du privilège de la chaleur. A noter également que les quartiers moins favorisés se chauffent au charbon, extraie de mines proches et vendu aux habitants à des prix faramineux. Le bois n’étant pas disponible sur ce monde, tout le monde est contraint de subir ces onéreuses dépenses, auxquelles s’ajoutent des taxes de salissures. Le Zhōuzhǎng impose en effet des murs d’un blanc immaculé dans sa capitale, exigeant des nettoyages quotidiens que les fumées de charbon n’aident pas. Des récalcitrants ont déjà été emprisonnés, pour ne pas avoir suffisamment nettoyé leurs murs.

Etrangement, peu d’auberges existent dans la capitale. Les voyageurs découvrent rapidement qu’ils ne sont pas les bienvenues, et les taxes portuaires sont suffisamment élevées pour dissuader les moins fortunés. L’auberge Xiǎochǒu hóuzi, le singe farceur, est un établissement de qualité, tenu par un lao nommé Hu-Quen Chi, ancien aventurier ayant fait fortune dans les sanctuaires de Kōngxīn dǎo, il est fier d’annoncer sa neutralité face aux Sānhéhuì, obtenue grâce à l’embauche de compagnons aux talents divers et variés, pouvant frapper durement les triades lui cherchant querelle. Excellente source d’informations, Hu-Quen Chi se montre affable et peut même décider de cacher d’imprudents voyageurs ayant provoqué la colère du Zhōuzhǎng. Bien entendu, ce genre d’assistance se monnaie une petite fortune.

Ressources : Tous les services bancaires et administratifs sont regroupés sur le monde de Gāng hóu et représentent donc la principale activité impériale, bien avant l’exploitation et le commerce du fer, pourtant la principale ressource locale. Bien entendu, le marché aux métaux de Xiédài héjīn est particulièrement renommé, tout comme plusieurs de ses mines, ayant amenées une grande prospérité à des familles désormais nobles et proches du Trône du Dragon.

Prisé par tous les forgerons du Shou’sin Lao, le fer de Gāng hóu est une ressource convoyée à bords de grandes flottes lourdement gardées, attisant la convoitise de tous les pirates des ceintures d’astéroïdes, mais également de peuples des courants irisés. Les alliages découlant de ce minerai sont également appréciés, mais tendent à être forgés sur place pour équiper la puissante armée du Zhōuzhǎng.

Sans surprise, les ruines at’uru attirent bon nombre d’explorateurs, et les objets métalliques laissés par ce peuple belliqueux se vendent très chère sur les marchés lao. L’absence de Lóng wūshī dans les métropoles de Gāng hóu fait que la magie des reliques at’uru est grandement appréciée, et finalement plutôt commune. Les Sānhéhuì recherchent activement de tels objets, et peuvent aller jusqu’à enfreindre les lois impériales pour certaines reliques particulièrement prisées.

Cultures : Avant que ne viennent les Lao, il existait de petites communautés regroupant des individus de toutes les ethnies et espèces des Sphères Connues. L’attrait des sanctuaires de Kōngxīn dǎo avait attiré bon nombre de pillards de tombes, et certains de ces derniers avaient finalement trouvé les petits planétoïdes et mondes froids à leur goût. Vivant surtout de piraterie visant les communautés les plus prospères du moment, ces groupes ne furent jamais un réel problème pour les forces du Shou’sin Lao, ils furent même aisément assimilés, contribuant au développement des nouvelles villes, mais entrant rapidement en opposition aux Sānhéhuì, qui ne tardèrent pas à arriver dans ce nouveau système planétaire.

La culture Lao prévaut dans toutes les régions civilisées du Singe d’acier, mais elle se teinte ici d’une légère couche d’influences indéfinissables, se traduisant essentiellement par des quartiers dominés par des communautés métissées, se réclamant de mille traditions, et se heurtant aux Sānhéhuì. Les insurrections généralisées sont rares, mais des tensions s’accumulent régulièrement en de nombreux points d’une même cité, mobilisant l’intégralité des Zhànshì dans une mission de maintien de l’ordre. De fait, même si la vision de l’expansion du Shou’sin Lao implique la pureté du sang, les communautés de Gāng hóu connaissent un important degré de métissage dans leur population. Cela implique donc que les postes de l’administration impériale, toujours réservés aux lignées pures, ne sont obtenus que par des individus nés outresphère, engendrant alors un problème d’implication pour les affaires locales, et pour le Zhōuzhǎng, un net problème de loyauté. L’autre fait culturel notable avec une population métissée, est la relative rareté des Lóng wūshī, dont les pouvoirs découlent également du sang lao. Sans la puissance magique de cette caste, tous les prodiges du Shou’sin Lao s’avèrent bien plus difficiles à manifester.

L’on comprend donc que, malgré de grandes ambitions pour sa Maison, le Zhōuzhǎng Chen-Lot Puan se voit freiné par bien des facteurs, et que sa puissance militaire reste locale, faute de timoniers et de guerriers mystiques. Malgré ces obstacles, le monde de Gāng hóu connaît une certaine prospérité, et ses rudes conditions climatiques ne font qu’aguerrir les membres d’un peuple d’explorateurs et de conquérants. La société Lao sur Gāng hóu est loyale au pourtant lointain Trône du Dragon, toutes les traditions sont scrupuleusement respectées, et seules les Sānhéhuì semblent avoir une plus grande influence que sur la majorité des autres mondes conquis. La Sphère de Bái lóng est d’ailleurs souvent considérée comme barbare, car si ses plus importantes métropoles peuvent être jugées civilisées selon les normes impériales, ses immensités, ses ceintures d’astéroïdes et en général, l’ensemble des faubourgs sont pour leur part sous influence Sānhéhuì.

Comme fréquemment à travers le Shou’sin Lao, trois grandes familles de criminels possèdent des intérêts au sein de l’espace de Bái lóng. Elles imposent leurs lois sur les mondes du Singe d’acier, tout en n’oubliant pas de collaborer avec les autorités impériales afin d’éviter la colère du Trône du Dragon. Face aux velléités d’indépendance du Zhōuzhǎng Chen-Lot Puan, les triades entretiennent un double jeu mais se voient régulièrement persécutées par le puissant seigneur.  

La plus puissante Sānhéhuì est nommée Xī hóu, les Singes d’étain. Ses membres sont reconnaissables de par leurs tatouages représentant des At’uru stylisés, mais surtout pour leurs masques simiesques, finement ouvragés. Xī hóu est une confrérie tirant profit des mines dans les ceintures d’astéroïdes, préférant exploiter des pierres précieuses et des métaux ordinaires, afin de ne pas entrer en conflit avec le Zhōuzhǎng. Dans les grandes cités de Gāng hóu, la triade tient le rôle de banque pour les nouveaux arrivants, et se préoccupe de tisser un vaste réseau d’obligés et partenaires. Avec le temps, de nombreux fonctionnaires de l’administration impériale ont signés des engagements avec Xī hóu, devenant des éléments importants pour la triade, en mesure grâce à eux d’obtenir accréditations et facilités en tous genres.

La structure hiérarchique de cette Sānhéhuì est traditionnelle, avec un chef, quelques lieutenants, et un grand nombre de soldats, occupant ici des fonctions de contremaîtres dans les mines appartenant à la triade, ou plus généralement de banquiers dans les cités de Gāng hóu. Héritière d’une longue lignée de criminels, la Dà xī hóu Yui-Jia Chuen règne depuis l’âge de douze ans sur la triade, refusant les conflits armés avec les autres organisations, cherchant toujours l’apaisement et le développement du commerce, mais n’hésitant pas à assassiner et empoisonner. Il se dit que même le Zhōuzhǎng redoute cette femme dont plus personne n’a vu le visage depuis le début de son règne. Le Xī hóu maintien son autorité grâce à sa flotte de nefs spatiomantiques, forte de cent huit navires, essentiellement des barges améliorées, en mesure de repousser les assauts de pirates avec lesquels la triade ne possède pas d’accord. Formant elle-même ses timoniers et timonières sélectionnés très jeunes dans un réseau d’orphelinats qu’elle maintien à travers toutes les cités du Singe d’acier, la Sānhéhuì se refuse à faire le commerce de la chair, et protège tous ses membres, en particulier les lanceurs de sorts, qui au sein de cette triade bénéficient toujours d’un traitement de faveur. 

Belliqueuse à l’extrême et seconde triade en influence au sein de Bái lóng, les Masques d’ivoire, ou Xiàngyá kou zhào, sont de redoutables chasseurs exerçant leur art dans le Vide. Bien que la surface des différents mondes abrite des troupeaux de différentes créatures servant de nourriture, ces derniers s’avèrent insuffisants pour sustenter une population grandissante, et exigeante. A bord de grandes nefs spatiomantiques spécifiquement conçues pour la traque et le dépeçage des grandes bêtes de l’espace sauvage, les Xiàngyá kou zhào organisent de grandes campagnes de chasse sanglante, embarquant à leur bord bon nombre de nobles et de fonctionnaires désireux de goûter des pièces fraîchement découpées. Malgré les dangers, cette pratique reste très populaire, et le commerce de la chair des Kōng shòu, un terme générique regroupant toutes les espèces victimes des exactions de la triade, reste très florissant. Les Masques d’ivoire sont également bien introduits politiquement, et règnent sur de petits villages, où ils écoulent de nombreux produits transformés à partir du produit de leurs chasses au sein du Vide. Ils pratiquent enfin le commerce de la chair, contraignant les familles paysannes à leur emprunter de l’argent, et à rembourser avec leurs enfants. Les Xiàngyá kou zhào provoquent souvent des conflits avec le Xī hóu n’hésitant pas à kidnapper des lanceurs de sorts dans les orphelinats des Singes d’étain. Nul ne sait qui est le chef de cette triade, et lorsque ses lieutenants sont frappés en représailles, ils sont rapidement remplacés. Une peur viscérale de leur seigneur semble être inculquée à chaque membre dès son intronisation, ce qui fait que le Xiàngyá kou zhào reste toujours puissant.

Les Poings puissants, ou Ringa kaha, ne sont pas à proprement parler une triade, mais plutôt un regroupement de nombreux métis dont les familles seraient nées sur Gāng hóu avant l’arrivée du Shou’sin Lao. Avec le temps, leurs membres ont adopté la structure hiérarchique des Sānhéhuì, avec un chef anonyme et des lieutenants spécialisés. Les Poings puissants sont des mercenaires louant leur puissance musculaire et leur maîtrise d’armes jugées exotiques, essentiellement contondantes. Ils sont recrutés pour leur agressivité. Régnant sur les faubourgs des grandes villes, ils assurent la protection des marchands et simples habitants en échange de versements réguliers à leur banque, ou de services. Le Ringa kaha est également employé par les autorités impériales en tant que force d’appoint, surtout pour former des patrouilles dans les quartiers malfamés, permettant ainsi au Zhōuzhǎng d’annoncer que l’armée accomplie efficacement son devoir, dans les secteurs les plus apaisés de ses métropoles.

Bien qu’ils ne participent pas directement au commerce de la chair, les Poings puissants assurent la sécurité des convois, en particulier interplanétaires, et disposent en outre de quelques nefs spatiomantiques bien armées, appuyant parfois les triades avec lesquelles ils collaborent.

En tant que seule Sānhéhuì exclusivement composée d’individus non-lao, Ringa kaha commence à jouer un rôle politique en soutenant des meneurs et meneuses souhaitant faire entendre leurs voix auprès de l’autorité impériale. Beaucoup supposent que l’un ou l’une de ces voix serait le chef de la triade, mais difficile pour les lao de distinguer un descendant de natif d’un autre.

Sites notables : Bien que les planétologistes impériaux ne puissent toujours pas identifier les causes du soudain refroidissement de Gāng hóu, de nombreuses connaissances ont pu être compilées à partir des ruines At’uru, révélant le développement d’une grande civilisation guerrière, mais surtout des successions d’évènements étranges, semblant avoir terrifié les redoutables combattants, et prenant leur source en des lieux mystérieux.

Les Hautes tours, Gāo tǎ en lao, se dressent non loin de la zone polaire australe et se révèlent être onze pitons rocheux d’un noir d’ébène, tranchant avec la pierre grisâtre plus commune de cette région. Les At’uru semblent toujours avoir évité cette région, au sein de laquelle existait une vibration leur infligeant de profondes douleurs. Quelques explorateurs impériaux ont arpenté la contrée sans jamais se heurter à ce phénomène, mais découvrirent de nombreux ossements at’uru disséminés un peu partout. Les Hautes tours sont creuses, criblés de cavernes aux parois sculptées par l’érosion liée à l’eau de mer, indiquant leur nature immergée en des temps lointain. Le phénomène semble naturel, bien que plusieurs galeries furent clairement excavées par un moyen inconnu, afin de créer des connexions entre de nombreuses salles. Les explorateurs lao durent escalader l’intérieur des Hautes tours en espérant y trouver des traces d’une culture quelconque. Il n’en fut rien, et le mystère de ce lieu reste entier. Difficile d’accès et sans intérêt commercial, Gāo tǎ est classé dans les lieux exotiques mineurs.

En réalité, les Hautes tours forment un diapason planétaire, capable d’affecter le soleil. En des temps reculés, plusieurs peuples natifs de la mer qui recouvraient alors la surface de Gāng hóu découvrirent qu’il leur était possible d’amener un réchauffement de leur monde, en modifiant l’influence solaire. Œuvrant de concert, à partir de connaissances héritées de mystérieuses entités, les plus puissants mages de ces peuples oubliés façonnèrent plusieurs ensembles identiques à celui des Hautes tours. Malheureusement, peut-être furent-ils dupés, ou plus sûrement n’eurent-ils pas la force de compléter un rituel d’ampleur cosmique, mais finalement, les ondes mystiques résonnant à travers le Vide provoquèrent un soudain refroidissement du soleil, et l’altération de ses propriétés.

L’île de Na’ara n’a pas encore été découverte par les lao, elle se trouve exactement au-dessus de l’axe planétaire, au beau milieu d’un glacier de la mer polaire septentrionale. Quelques familles de natifs, présents avant la venue du Shou’sin Lao, possèdent encore des fragments de cartes indiquant sa position, mais nul habitant de Gāng hóu ne sait ce qui se trouve en ce lieu. Pour certains, un trésor est évidemment enfoui sous les glaces, pour d’autres, c’est l’antre d’un dragon blanc, qu’il faut éviter à tout prix de réveiller.

L’île est dotée d’un portail planaire menant à la réalité de la Roue ancienne d’Uru-Naraa, là où migrèrent les âmes des plus vaillants at’uru. Des dizaines de milliers d’esclaves érigèrent un imposant escalier aux marches titanesques, finement ciselées de scènes de batailles, sur lesquelles ruisselèrent le sang des infortunés ouvriers. A plus de soixante mètres du sol, l’ouvrage est surplombé par un énorme portail circulaire, taillé dans la même roche sombre que les mystérieuses Hautes tours. Quatre massives statues représentant des rois légendaires des at’uru veillent sur le palier menant au portail, elles s’animent afin de punir quiconque ne possède pas la clé planaire ouvrant le passage vers les terres héroïques. Bien entendu, nul ne connaît la clé permettant d’atteindre cette réalité planaire mythique.

Les Premiers abris se trouvent dans les parois d’un plateau équatorial isolé. Ce sont des habitats troglodytiques remontant aux Âges sombres, comme l’attestent de nombreuses peintures sur les parois, montrant de terrifiants at’uru. Ce qui s’avère frappant sur cet ensemble de sites est qu’il semble adapté à des humanoïdes guère plus grands que des laos, et ayant disposé de techniques afin de tailler la roche avec une grande précision, aménageant les grottes originelles en un complexe fortifié et difficilement visible depuis l’extérieur. De nombreuses inscriptions indiquent également des cultures différentes, finissant par se mélanger pour n’employer qu’un même langage inconnu.

En réalité, l’emplacement des Premiers abris abrite un nexus temporel, détournant d’imprudents voyageurs du Temps vers un point situé loin dans le passé des Sphères Connues. Une nécropole renferme d’ailleurs bien des ossements d’êtres très différents les uns des autres, mais aucun de leurs équipements. L’unique dalle circulaire menant vers l’extérieur étant brisée, l’on peut supposer qu’une patrouille at’uru découvrit la communauté d’égarés temporels, et massacra ses derniers occupants.

Le nexus temporel semble inactif depuis cette époque, et les mystérieuses formules inscrites sur les parois semblent en être la cause.

Chángbìyuán

La petite lune devait jadis être recouverte par un vaste océan tropical, mais apparaît désormais comme gelée à cœur. Les températures à sa surface descendent très bas, et des vents glaçants charrie de dangereuses tempêtes de cristaux capables de lacérer les plus épaisses protections. Les seules régions un tant soit peu protégées de ces phénomènes sont les deux zones polaires, cernées de hautes montagnes, et où la magie lao a été employée autour de grands obélisques capables de réchauffer leurs environs. Grâce à cette chaleur toute relative, l’établissement de colonies est possible, mais seuls des prisonniers condamnés par la loi impériale sont envoyés sur les pôles de cet astre, afin de servir dans des bagnes ouverts.

Chángbìyuán est connue pour ses arènes où de dangereux détenus s’affrontent en devenant la source de paris incroyables. Officiellement une lune-prison lao, l’astre dispose de cinq mines de fer très productives, permettant aux prisonniers d’obtenir quelques privilèges. Chaque pôle propose une grande arène, ainsi que de plus petites, où s’opèrent les sélections des meilleurs combattants. Les communautés se sont développées sur les versants des montagnes, loin de la glace dans laquelle s’ouvrent fréquemment des gouffres à la suite de séismes. Quelques cultures sont possibles, mais insuffisantes pour nourrir la population de prisonniers. L’approvisionnement des villages se fait par le biais de contrats avec de petites guildes basées dans les villes de Gāng hóu. Les armateurs de ces nefs indispensables à la survie des communautés de Chángbìyuán sont généralement contrôlés par des criminels disposant de liens avec les Sānhéhuì, un fragile équilibre est maintenue entre les bandes rivales, prélevant de lourdes taxes sur tous les combats dans les arènes lunaires, mais les tensions sont fréquentes, et des conflits éclatent à la moindre provocation.

Les autorités impériales se désintéressent de la situation des communautés polaires, mais veille à ce que les Sānhéhuì n’embarquent pas de fugitifs à bord de leurs petites nefs. Les contrôles s’avèrent plus délicats lorsqu’il s’agit de membres de l’administration, ou de la noblesse, venant profiter des combats et cherchant à acquérir un prisonnier ayant su entretenir sa renommée. Les captifs de Chángbìyuán se savent condamner à perpétuité, mais également que leur aptitude à offrir de bons spectacles peut leur valoir une existence confortable, voir même, une place dans une maison influente, loin de la lune froide.

La gestion des mines est à la main du Zhōuzhǎng Chen-Lot Puan, qui veille à ce que les cargaisons arrivent régulièrement dans ses forges planétaires. Pour ceux ne pouvant pas combattre dans les arènes lunaires, travailler à la mine offre moins de privilèges, mais garantie une espérance de vie un peu plus longue. La surveillance des mineurs et surtout du chargement des cargaisons est confié à une petite garnison, insuffisante et isolée dans une antique forteresse troglodytique, et servant fréquemment aux mineurs à passer commande de produits impossibles à obtenir. Ces gardes, souvent inexpérimentés, ont pour tâche principale de protéger les barges descendant du ciel, veillant à ce qu’aucun prisonnier ne tente une évasion.

La zone septentrionale offre de meilleurs combats d’arènes et se voit dotée d’un port de taille modeste, Píngzi, se résumant à quelques plateformes d’atterrissage, un ensemble de cavernes aménagées en auberge pour voyageurs fortunés, et un réseau de tunnels fortifiés, gardés par les Sānhéhuì, menant aux différentes arènes. De nombreuses grilles empêchent les prisonniers d’emprunter ces passages.

La zone australe est plutôt tournée vers l’exploitation du fer lunaire, elle ne compte pas de port spatial mais quelques plateformes bordant les mines. Les communautés du Sud se caractérisent par la présence de femmes, et même de familles. Le Zhōuzhǎng aimerait que des générations d’ouvriers bon marché apparaissent dans les communautés polaires, afin d’améliorer la productivité des mines. Les Sānhéhuì ont ici moins d’influence, et collaborent volontiers avec les officiers en poste, en échange de quoi, des femmes kidnappées dans les cités planétaires sont régulièrement amenées sur Chángbìyuán.

2 commentaires

Quelques traces de votre passage...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s