Asoom, les Jungles Goruu

[Onothep (Goshène)]

Type de monde: Sphérique rocheux

Taille: D (diamètre équatorial de 4832km)

Rotation: Aucune

Révolution: Aucune

Lunes: Aucune

Population: 158 843 Goruu, 89 543 Razhonn, 15 237 Proonal

Magie: Magie chamanique dominante

 

Asoom est un monde de jungles denses et regorgeant d’une vie extrêmement agressive, essentiellement ophidienne. Une épaisse couverture nuageuse libère en continuité un crachin brûlant entraînant une moiteur constante au niveau du sol.

Quelques trouées dans la canopée planétaire révèlent des mers peu profondes, cernées de marécages et de bayous. De larges bans coralliens tiennent lieu d’archipels éloignés des côtes, abritant des colonies d’oiseaux.

Plusieurs périodes dans l’année asoomane marquent le passage de moussons provoquant de soudaines montées des eaux, ces phénomènes sont liés aux conjonctions avec les deux soleils Yazool et Fazeem, ils affectent la presque totalité de la planète, à l’exception des pôles où la canopée est plus élevée.

 

Ports d’accueil: Les Razhonn abandonnent rapidement ce monde à leurs esclaves Goruu, une souche captive de Grommam qui s’adapte sans mal à un environnement leur étant familier. Ce sont eux qui développent des colonies viables dans les canopées polaires, établissent des plates-formes sur de nombreux niveaux et parviennent ainsi à organiser une société pratiquement autonome.

Durant les soulèvements contre les Razhonn, les Goruu d’Asoom adoptent des tactiques de guérilla si efficaces que leurs adversaires leurs concèdent finalement la responsabilité de la planète, non sans avoir au préalable éliminé les meneurs les plus charismatiques. Les Goruu fondent alors le port marchand de Gonomoro, une enclave dans laquelle les Razhonn sont autorisés à séjourner.

Le port est un ensemble de dix grandes plates-formes sur trois niveaux, avec plusieurs structures pouvant accueillir une douzaine de gros porteurs spatiaux. Les Goruu rassemblent le produit de leur abattage des essences forestières destinés à la construction navale Razhonn hors-planète, sous de larges bâches de feuilles tressées, dans de grandes sècheries afin de préserver la qualité du bois. Ce sont des Proonal, arrivés durant le bref interlude Goshène, qui ont la mainmise sur les activités portuaires et redistribuent les produits de leur troc avec les Gardes.

Gonomoro est un port bourdonnant d’activité, sa plate-forme supérieure est agrémentée de tavernes et de lieux de détente, avec des représentants de pratiquement toutes les autres ethnies vassales des Razhonn. Seul lieu où le négoce est pratique sur Asoom, il est également le point de départ de tous les aventuriers désireux de découvrir les dangers et les merveilles de Janakoot-Moreek.

 

Ressources: Les essences végétales d’Asoom constituent une précieuse richesse naturelle profitant essentiellement aux Razhonn, qui la troc ensuite avec les peuples des autres Orbes impériaux. Les Goruu exploitant leur principale ressource à un rythme respectant de complexes rituels et cérémonies chamaniques, les forêts d’Asoom se voient préservées et peuvent fournir de rares et formidables essences propres à ce monde.

Les Razhonn sont également friands de nombreuses espèces de serpents proliférant dans les profondeurs boisées de ce monde. Les Goruu organisent donc de temps à autre des chasses, bien qu’eux-mêmes ne consomment pas de chair. Leurs proies sont offertes à de puissants dignitaires tribaux durant les rares rencontres protocolaires des deux peuples. Bien entendu, quelques contrebandiers Razhonn organisent eux-mêmes des chasses dans les marécages d’Asoom, ramenant parfois des serpents aux dimensions colossales, devenant des mets de choix surPryz’Lohn.

 

Cultures: Le monde d’Asoom est une possession Razhonn depuis l’arrivée des Gardes au sein de la Sphère de Janakoot-Moreek, mais ce sont bien les Goruu qui surent s’y développer, jusqu’à fonder une société sous les frondaisons de la vaste canopée planétaire.

De leur lointain passé d’avant l’asservissement par les sauriens, eux-mêmes vassaux des Clydön, seules subsistent quelques traditions orales, mais les Goruu furent rapidement en harmonie avec leur nouvel environnement et retrouvèrent bien des habitudes anciennes. Leur culture resta tribale, avec pas moins de quatre communautés qui se concentrèrent autour du pôle septentrional et sa canopée élevée. Chacune des tribus Goruu d’Asoom vénère un puissant esprit naturel par le biais de son Chamane, véritable guide spirituel conseillant les membres de la tribu, cette charge est exclusivement féminine et se transmet par une marque de naissance spécifique à chaque tribu. Il est fréquent que plusieurs jeunes d’une même communauté possèdent cette marque spirituelle, la Chamane en titre doit alors organiser des épreuves afin de déterminer celle qui lui succèdera. Les autres deviennent des assistantes et peuvent procréer avec des mâles de leur choix, même au sein d’autres tribus, elles garantissent ainsi la vitalité de leur propre communauté.

Côtoyer les terribles Razhonn a profondément affectée la société Goruu qui était jadis pacifique. Depuis les soulèvements contre les tribus des Gardes, les Goruu favorisent le développement d’une caste guerrière redoutable, particulièrement mobile et bénéficiant de privilèges inédits. Il faut cependant distinguer deux types de combattants; Les Goromu, qui ne sont plus liés à leur tribu natale et se regroupent autour des meilleurs d’entre eux, en des lieux isolés où ils exercent leurs talents martiaux en se préparant au prochain conflit, et les Gorumu, qui veillent à la sécurité quotidienne de leur communauté et servent de principaux reproducteurs.

 

Les quatre tribus Goruu se partagent depuis leur arrivée un territoire polaire et commencent à peine à envoyer de petites communautés fondé de nouvelles tribus dans le Sud de la jungle planétaire. Les totems actuels sont des formes évoluées d’esprits animistes remontant à une époque antérieure à l’asservissement des Goruu par les Razhonn, ils vivent au sein d’une dimension brumeuse reproduisant l’environnement d’Asoom mais avec une vie animale bien plus diversifiée.

La tribu Nogoruu est menée par la Chamane de Noromo, l’esprit des feuilles qui prend la forme d’un Grommam constitué de feuillages colorés et privilégiant la discrétion. Les Goruu de cette tribu tissent des vêtements à partir de feuilles qu’ils enduisent d’une résine imperméable. Maîtres de la furtivité, les Gorumu de cette communauté passent pour être invisibles lorsqu’ils veillent sur les leurs.

La tribu Dogoruu vénère Donomo, l’esprit des lianes, qui est un immense serpent aux couleurs changeantes selon les saisons. Se déplaçant à vive allure en s’enroulant d’un tronc à l’autre, l’esprit incarne la vélocité. Les Grommam de cette tribu confectionnent des onguents et des vêtements à partir des serpents qu’ils sacrifient en l’honneur de leur esprit protecteur.

Les Goshènes qui vinrent sur ce monde durant la Conquête tentèrent d’influencer les Dogoruu afin qu’ils se détournent de leur culte animiste pour embrasser la religion Sethite, ils ne parvinrent pas à leurs fins.

La tribu Logoruu est celle de Loro, l’esprit des eaux, un étrange oiseau squelettique vivant dans les marais et dont le regard peut transformer ses victimes en vase. Les Logoruu séjournent au plus près des flots du marécage et confectionnent des filets végétaux, des armes en os d’oiseaux. Certains de leurs membres possèdent en outre les vestiges d’un pouvoir Stellaire se transmettant depuis l’époque des Vestiges Runath, prenant la forme magique d’un oiseau liquide capable de régénérer les plaies par simple contact.

La tribu Mogoruu est protégée par l’esprit des racines, Monoro, qui incarne la résistance supérieure des Grommam. La tribu s’est spécialisée dans la construction des habitats Goruu, des plates-formes lacustres aux plus hautes structures dans la canopée. Monoro est également le guide menant les Grommam jusqu’aux arbres pouvant être sacrifiés au nom de l’entente avec les Razhonn.

 

Deux jeunes tribus sont en train de naître, de l’autre côté du monde, mais leur avenir reste incertain temps que leurs jeunes ne sont pas en âge de protéger les communautés des nombreux dangers de cette région australe. La tribu Sogoruu est protégée par l’esprit des cieux, Soromo, qui prend la forme d’un oiseau au plumage multicolore. Les Sogoruu sont des Grommam particulièrement agiles, se déplaçant exclusivement dans les hauteurs de la canopée. Ils observent le ciel avec envie et estiment leur place dans les étoiles. La tribu Togoruu est celle des Enfants de Tonomo, les adorateurs de l’esprit des insectes, qui prend l’apparence d’un énorme scarabée fait de néant. Les Togoruu sont les seuls parmi leur peuple à consommer de la chair, plus précisément celle des insectes, ce qui leur confère des capacités surnaturelles. Rejetés par les autres tribus, leur exil vers le Sud ne s’est que récemment décidé, après une vague inexpliquée de disparition dans les territoires proches du leur.

 

Sites notables: Asoom est un monde dont la surface est plongée dans une perpétuelle pénombre, sous une canopée peuplée de serpents parfois aux prodigieuses dimensions. C’est un monde grouillant de vie, moite et suffocant. Les Razhonn et leurs vassaux semblent avoir été les premiers voyageurs du Vide à s’établir en ce lieu, et il n’existe donc aucune ruine ou sanctuaire ancien.

Mais le monde sauvage d’Asoom renferme néanmoins des lieux exceptionnels, étranges et empreints de forces anciennes. Les Goruu ont très vite apprit à respecter et craindre les mystérieuses énergies primitives de leur nouveau foyer, ils connaissent les sanctuaires naturels au sein desquels les Chamanes peuvent discerner l’avenir et les dangers guettant les tribus.

 

Le Bosquet des vieux banians est sûrement le lieu le plus sacré des croyances animistes Goruu, où les Chamanes Grommam rencontrèrent leurs esprits protecteurs et scellèrent des pactes sur plusieurs générations.

Le Bosquet abrite les Fruits brumeux, de mystérieux végétaux imprégnés par les énergies du monde spirituel et conférant brièvement à ceux qui les consomment des pouvoirs liés aux esprits protecteurs des Goruu.

Le Lac au milieu de la mer est un autre lieu rattaché au monde des esprits Asooman, il s’agit d’un plan d’eau douce, aux vertus curatives reconnues de tous, se situant au milieu d’une mer équatoriale, cerné par des récifs coralliens. Un esprit parent de Loro veille sur ce lieu, il attire à lui des multitudes d’oiseaux qui protègent le lac.

La Trouée Yazham est l’unique clairière connue d’Asoom, un site tellement notable que les premiers équipages Razhonn l’employèrent comme repère depuis l’espace pour s’orienter. Ceux qui foulèrent la terre aride de la trouée tombèrent tous malades, et certains eurent même des hallucinations faisant d’eux les témoins d’un cataclysme remontant à une époque lointaine. En se fiant à ces délires fiévreux, la Trouée serait née d’un astéroïde qui aurait basculé sur Asoom, ravageant le monde avant d’être recouvert par des millénaires d’une végétation agressive. Les Sadraah qui vinrent étudier ce lieu discernèrent une puissante force ensevelie sous la roche. Il faudrait cependant des efforts colossaux afin d’exhumer ce qu’il doit subsister de l’astéroïde nommé Yazham par les sauriens. Quoiqu’il en soit, les Goruu ont noté au fil du temps que certaines créatures de la jungle étaient corrompues par les énergies émanant de la trouée, devenant des monstres à éliminer avant qu’ils ne contaminent d’autres êtres vivants.

La Sphère de Janakoot-Moreek

L’orbe orange de Janakoot-Moreek fut approché par les puissants guerriers Razhonn, un peuple duquel les Clydön prirent les meilleurs combattants pour former leurs gardes personnelles. Leurs vaisseaux, massifs et extrêmement endurants, traversèrent sans mal les nuées élémentaires enserrant la Sphère de cristal, sans se soucier non plus des étranges entités pétrifiées et accrochées à la paroi interne. Ces colossales créatures, vaguement humanoïdes forment une véritable ceinture d’astéroïdes vivants et plongés dans un sommeil éternel, emplissant les Confins avec des faciès marqués par ce qui semble être une expression commune d’épouvante.

Les Razhonn ne se soucient guère de tels phénomènes cosmiques et approchent des trois mondes du système. Ils découvrent avec stupeur que deux soleils jaunes tournent sur la même orbite, à l’extérieur du système, et que le monde central de cet ensemble est une planète désertique d’une taille encore jamais vue dans les Soixante Sphères qu’ils ont abandonnés. Sous ce rayonnement, les puissants Sauriens se mettent rapidement à prospérer.

Ils nomment leurs soleils Yazool et Fazeem. Les deux mondes médians, également sur une même orbite, sont pratiquement des planétoïdes mais possèdent une atmosphère et toutes les caractéristiques planétaires les rendant dignes de porter des noms Razhonn. Asoom est une jungle dense où les seules trouées visibles des cieux saturés de gaz chauds sont des mers peu profondes et cernées de bayous à la faune constituée presque exclusivement de serpents venimeux. Les Razhonn y établissent quelques campements pour leurs esclaves qui doivent travailler dans d’épouvantables conditions afin de fournir du bois de construction à leurs maîtres. Durant le conflit opposant les anciens Gardes aux puissants Goshènes, bon nombre de ces esclaves tentent leur chance dans les jungles d’Asoom. La plupart meurent d’empoisonnement ou d’inanition, mais les survivants fondent de petites communautés défendant farouchement leur liberté. Lorsque les Razhonn reviennent en force sur leur monde, ils comprennent que leurs anciens esclaves ne céderont plus face à eux. Impressionnés par leur aptitude à survivre dans un environnement aussi hostile, ils leur céderont Asoom et noueront un lien puissant, bénéfique aux deux cultures.

L’autre monde médian de Janakoot-Moreek, Kynaï, est un océan perpétuellement tourmenté, dont les profondeurs abritent des vortex vers le Plan élémentaire de l’Eau, mais également vers le Plan Para-élémentaire de la Boue. De grands reptiles aquatiques peuplent ce monde, et constituent une source majeure de matières premières pour la civilisation Razhonn. Peu habitués à évoluer sur l’élément liquide, les Sauriens négligent ce monde et en abandonnent la gestion à leurs Timoniers, un peuple de Tritons qui retrouve ici une occasion de fonder une nouvelle culture. Les Sy’Kynarii chassent pour leurs maîtres dans les profondeurs de Kynaï, et leurs ensorceleurs, les Kelyvaas, servent loyalement à bord des puissants spelljammers Razhonn, en contrepartie de quoi ils bénéficient d’une grande indépendance sur leur monde.

La planète centrale du système est nommée Pryz’Lohn, elle se compose de déserts brûlants séparés par de hautes chaînes montagneuses où s’établissent les Razhonn. L’eau n’existe pas sur ce monde, pas en surface tout du moins, car loin sous une épaisse croûte planétaire, composée de roches extrêmement durs, se trouve un océan profonds où des reptiles géants semblables à ceux de Kynaï prolifèrent sans partage. Des vents violents soufflent à la surface, reconfigurant d’heure en heure de vastes territoires de dunes fragiles. Les Sauriens ne s’approchent que rarement de la surface, ils établissent leurs cités sur les cimes les plus élevées, où de larges terrasses sont aménagées en étages, pouvant ainsi accueillir leurs précieux spelljammers. Chaque tribu Razhonn possède un territoire cent fois plus important que ce que les Clydön leur accordait au sein de leur empire, mais les Sauriens sont eux aussi des conquérants, et grâce aux ressources de leurs trois mondes, ils ne font qu’accroître leur puissance militaire.