La Sphère de Dreyk

L’orbe rouge sang de Dreyk se situe à l’extrémité d’un Courant éthérique excessivement violent, que les navigateurs désignent du nom de l’Ophidien. Le trajet depuis les Sphères Connues peut prendre deux mois, et bien peu de navires se risquent donc dans cette région.

Isolée, la Sphère de Dreyk se situe au cœur d’une vaste zone de brumes éthériques dominées par le Feu. Le fragile équilibre des gaz du Phlogiston est fréquemment rompu par des déchaînements pyrétiques, qui transforment les flux sur des centaines de lieues en un vaste océan de flammes.

Un unique passage permanent existe pour accéder au système planétaire de Dreyk. Les Syndarheem le nomment Tyoniriit’Parnuruu, la Spirale nocturne, car le passage semble avoir été comme foré par une force colossale, et une Sargasse se trouve au cœur même de cette voie de navigation. Les Capitaines expérimentés usent de vieilles cartes afin de suivre au plus près les étroits passages traversant le phénomène en épargnant leurs vaisseaux.

Mais la Spirale nocturne est également connue pour sa faune atypique, composée de mystérieux octopodes fait de ténèbres et émergeant aux abords de la Sargasse, pour attaquer les navires de passage. Liés à une dimension éthérée où prédomine l’Ombre, les créatures sont appelée Nocimi, elles ne semblent pas douée d’une conscience développée, mais peuvent enserrer un spelljammer de moyen tonnage pour l’emmener dans leur domaine.

La face intérieure de la Sphère est un vaste océan de brumes rougeoyantes et irrespirables, au sein duquel brûlent d’impressionnants brasiers de pure magie entropique. Agencés en constellations mouvantes, ces feux cosmiques influencent l’intensité du Vortex, tout comme ce dernier semble également avoir un lien avec les changements de configurations stellaires tous les mille ans.

Le système de Dreyk est dominé par le Vortex du même nom, véritable maelstrom d’énergie entropique affectant toutes les forces s’exerçant à travers les mondes de cette Sphère de cristal. Son rayonnement ne peut cependant rivaliser avec celui d’un véritable soleil, et une nuit éternelle règne ainsi sur ce système planétaire. Le Vortex de Dreyk est un phénomène cosmique affectant profondément les trames magiques, il influe également sur l’évolution des quelques espèces natives, qui ne se rencontrent nulle part ailleurs.

Les Syndarheem ont développés de nombreux mythes depuis leur arrivée dans cette Sphère de cristal. Selon eux, le vortex serait un passage menant au-delà des Orbes célestes, en un lieu où résideraient les Dieux des dieux. Ceux qui osent s’aventurer à travers les forces colossales de Dreyk n’en sont jamais revenus, mais les Syndarheem restent persuadés que comme les N’uru’N et leur Nexus des Eléments infinis, il leur faut apprivoiser les énergies cosmiques pour évoluer et devenir égaux de la Seldarine.

Vortex de DreykLe système de Dreyk est un ensemble d’amas de débris indiquant la présence de mondes plus importants en un passé éloigné. L’entropie du vortex s’étendant aux forces gravitationnelles, il y a fort à parier que ce furent ces dernières qui pulvérisèrent les anciennes planètes.

Les peuples anciens des Sphères Connues ne semblent pas avoir eu d’influence au sein de ce système, mais plusieurs cultures planaires se sont brièvement implantées au sein des amas d’astéroïdes, laissant derrière eux des sanctuaires à partir desquels la culture barbare des Syndarheem évolua rapidement. Bien que plusieurs influences antiques se distinguent, seuls les Yotoï restent connus par le biais de quelques gravures Kyrzaï. Peuple planaire natifs des Plans Primordiaux, Ceux qui observent le Chaos semblent avoir migré vers les Plans de la Roue ancienne, au cœur même de Reg’Naruu. Bien après, les Puissances elfiques de Dreyk établirent également leur domaine en ce lieu, mais nul ne trouva trace des mystérieux Yotoï. Ce sont pourtant bien eux qui forgèrent de grands sanctuaires protégés des effets entropiques du Vortex, au sein des planétoïdes d’Otroon-Galyrm.

Une autre influence ancienne a également marquée les puissants brasiers entropiques des Confins du système. Là, méconnus des Syndarheem et de leurs vassaux, se trouvent de grands palais forgés dans des métaux liquides. Les édifices dérivent au sein même des brumes toxiques, ils sont vides mais toujours imprégnés par une puissante magie primordiale. Nul ne se souvient du peuple qui vint explorer la face intérieure de la Sphère de Dreyk, mais leur grande connaissance de la magie entropique fut rassemblée en de vastes bibliothèques dont les ouvrages sont gravés sur des tablettes de métal vivant. Le clergé Dreyk de l’Arpenteur téméraire soupçonne l’existence des Palais mystiques, mais nul n’a jamais pu s’aventurer dans cette région particulièrement inhospitalière.

Au plus près du Vortex de Dreyk se trouve l’amas d’Otroon-Galyrm, territoire de la tribu Syndarheem des Ombremorts, dont les familles résident dans les anciens sanctuaires Yotoï. L’environnement de cette région est changeant, hostile à la vie et toujours excessivement dangereux pour les voyageurs, qui de fait, se font rares. Les Ombremorts n’emploient que très peu leurs nefs pour sillonner le Vide, et seuls les membres de la caste Natori peuvent braver les forces du Vortex. La tribu migre lentement vers les Plans Primordiaux, où elle prospère grâce aux sorciers de la caste Nitiri.

Nyataam-Velk est un ensemble d’astéroïdes partageant une même atmosphère, et bénéficiant d’une luxuriante végétation où la tribu Noctelune a su prospérer autour de la conception de spelljammers organiques. Malgré un environnement extrême et une culture ayant évoluée sous l’influence du Vortex de Dreyk, les Noctelunes restent les elfes les plus proches par leurs traditions des ancêtres qui abandonnèrent la Sphère de Sehonid.

Le peuple végétal des Pyoneel occupe également ce territoire et adopte les traditions Syndarheem. L’alliance des deux espèces s’oppose à l’expansion de Nyshaydama, la jungle vivante, qui cherche à se propager à tous les planétoïdes de la région, et tenta même par le passé d’étendre son influence dans les amas de débris voisins.

Jamaar-Juuna est le domaine des Dextre-dagues, une tribu du Vide puissante, belliqueuse, et puisant dans des planétoïdes riches en minerais pour forger des armes troquées aux autres tribus contre les ressources qui manquent au sein de l’amas médian. Tributaires des autres communautés Syndarheem du système, les Dextre-dagues sont parvenues, non sans mal, à asservir le peuple ancien des Kyrzaï, qui vivait dans cette région bien avant la venue des exilés de Sehonid. Désormais vassaux de leurs conquérants, les Kyrzaï conservent un fort désir d’indépendance, et possèdent leurs propres planétoïdes, où les Syndarheem évitent de se déplacer en groupes restreint.

Les Œil-ophidiens forment une tribu Syndarheem se regroupant autour du plus massif planétoïde subsistant au sein du système de Dreyk. Suffisamment éloigné du vortex, ce monde de Kuaj-Pyoroon bénéficie d’une enveloppe d’air naturelle extrêmement fragile mais permettant aux communautés de prospérer en surface. Il en va tout autrement du monde souterrain, où les Okilonn ont su adapter certaines variétés coralliennes qui fournissent ainsi une atmosphère stable, encourageant le développement d’une faune aux origines planaires. Les deux peuples ne communiquent pas, la majorité des passages menant vers Kuajapaï, la magiocratie Okilonn, sont interdits aux Œil-ophidiens, qui sont tournés vers l’adoration de Pyorom, une divinité encourageant le conflit et les troubles.

A l’extérieur du système de Dreyk se trouve la ceinture d’astéroïdes de Magim-Lahsaan, domaine tribal des Magestaan, qui conservent leurs traditions nomades et entretiennent la plus impressionnante flotte spatiale Syndarheem. Gardiens des connaissances prises aux Treel peu après le Grand Soulèvement, les Magestaan imposent fréquemment leur vision d’avenir aux autres tribus. Les puissantes sorcières tribales contrôlent le secret du corail Treel, capable de générer une enveloppe d’air, et assurant le développement de toutes les communautés Syndarheem du système. Les étranges coraux poussent de manière naturelle au sein de Magim-Lahsaan, mais seule l’intervention d’une sorcière Magestaan permet la survie des coraux dans les autres régions, grâce à un minutieux entretien.

Des liens tendus existent encore entre les tribus Syndarheem et les peuples des Sphères Connues, qui n’ont qu’une vague connaissance empreinte de rumeurs concernant la Sphère de Dreyk. Bien que leur réputation de sauvagerie perdure et inquiète bon nombre de seigneurs, les Syndarheem ne sont plus véritablement liés comme jadis, et n’envisagent aucune campagne de pillage de grande ampleur. Au contraire, les tribus évoluent lentement, douloureusement, autour de leur structure de castes et en étant entourés par des vassaux avides d’indépendance.

Alors qu’à l’époque du Grand soulèvement, la caste combattante Siriti dominait l’ensemble des tribus Syndarheem, ce sont désormais les sorciers Nitiri qui imposent leur volonté, et incitent leur peuple à évoluer. Magestaan, Ombremorts et Noctelunes étudient le passé, explorent les Plans Primordiaux ou font usage de la magie pour découvrir leur système. L’émergence de la caste cléricale des Natori apporte également les prémices de profonds changements, préfigurés par les traditions de la tribu Œil-ophidien. A terme, de profondes dissensions semblent inévitables entre les deux castes magiques, et qui pourraient même amener la fin des tribus Syndarheem. La seule force en mesure de contrebalancer ce sombre avenir pourrait bien prendre racine parmi les Riniri, ceux de la caste servante. Autrefois composée de métisses et de parias, elle a su développer ses propres traditions et combine désormais des qualités et connaissances inspirées des trois autres castes tribales. Parmi les Noctelunes ou les Magestaan, les Riniri sont considérés comme des égaux, et servent sans subir de menace émanant des autres castes. La position de certains servants égale même celle de puissants combattants ou sorciers.

Okilonn visagesDe leur côté, les Okilonn renforcent lentement leur position dans le système de Dreyk. Liés au minéral, ils manipulent aisément les forces primordiales et ne sont guère affectés par l’influence du Vortex. Leurs communautés sont présentes dans trois des cinq amas de débris, et une brillante culture se développe depuis longtemps dans les entrailles de Kuaj-Pyoroon. Bien moins agressifs que les Kyrzaï, les Okilonn perçoivent les Syndarheem comme des alliés temporaires et instables, avec lesquels ils n’ont en réalité guère de rapports. Des amitiés existent à titre individuel, et il semble évident que seuls les seigneurs tribaux les plus agressifs considèrent encore les Okilonn comme des vassaux.

Seules quelques communautés disséminées dans les amas extérieurs se sont adaptées au Vide, usant de connaissances anciennes pour façonner des nefs minérales, particulièrement redoutables face à celles, plus fragiles, des Syndarheem. Les Okilonn ne forment pas de flotte spatiale et sont généralement liés aux tribus les plus tolérantes, faisant du négoce et servant le plus souvent de lien avec les mages du Kuajapaï.

Les Kyrzaï de Jamaar-Juuna vivent dans d’anciennes forteresses spatiales abandonnées par un peuple oublié. Adaptés à l’apesanteur et à des conditions de vie extrême, les créatures ont rapidement évoluées, mais furent vaincues par les Syndarheem lorsque ces derniers vinrent explorer le système de Dreyk. Depuis cette époque, les Kyrzaï se regroupent et mobilisent leurs forces pour préparer leur libération. Les combattants de la tribu Dextre-dague surveillent avec inquiétude la moindre velléité d’indépendance parmi leurs vassaux, mais un sanglant conflit semble inévitable parmi les astéroïdes de Jamaar-Juuna.

Fréquemment considérés comme des bêtes sauvages, les Kyrzaï façonnent des armes rudimentaires, et leur artisanat reste limité à cause de ressources réduites. Leurs coutumes sont cependant bien développées, et même si l’apogée de la culture Kyrzaï semble perdue dans un lointain passé, ce peuple est un lien entre les cultures disparues et les Syndarheem.

Enfin, les Pyoneel de Nyataam-Velk sont nés d’un déchaînement excessivement violent de Pyoneel by derynnaythasvagues entropiques qui traversèrent tout le système, quelques siècles auparavant. Nés spontanément en même temps que la jungle vivante, les Pyoneel restèrent longtemps liés à Nyshaydama avant de découvrir les Syndarheem. Imitant les coutumes de ces derniers, ils se détachèrent de leur symbiose végétale, qui menaçait de les faire disparaître en tant qu’espèce, puis commencèrent à côtoyer les Noctelunes.

Généralement considérés comme des alliés plutôt que des vassaux, les Pyoneel vivent le plus souvent parmi les Bosquets où ils communiquent avec les essences favorites des Syndarheem. Etroitement liés aux forces naturelles de Nyataam-Velk, ils sont nés du Vortex de Dreyk, mais n’ont en réalité aucun lien avec ce phénomène cosmique. Leurs pouvoirs ont façonnés une philosophie proche de celle du Kuraa-Vacuu, tandis que leurs nouvelles traditions s’inspirent des coutumes Noctelunes.

Peu enclins à la violence, les Pyoneel forment un jeune peuple se plaçant volontiers sous la tutelle des Syndarheem. Ils ne quittent que rarement l’amas de Nyataam-Velk, et si cela se produit, séjournent à bord des Bosquets Noctelunes. Leur simple présence reste un atout majeur pour la tribu, qui sait pouvoir compter sur une alliance durable avec ces êtres végétaux.

Kuaj-Pyoroon, les mines okilonn

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Type de monde : Planétoïdes rocheux

Taille : Un de Taille C, dix-sept de Taille B

Echappée : 3 rounds

Rotation : Aucune

Révolution : 1 122 jours

Lunes : Aucune

Population : 96 487 Syndarheem, 69 547 Okilonn

Trame magique : Vacuu resserrée, magie divine dominante

Si la région est bien une ceinture d’astéroïdes s’étirant sur une large ellipse autour du Vortex, Kuaj-Pyoroon est plus communément le nom donné au plus gros planétoïde connu dans le système de Dreyk. Monde aux dimensions modestes, il n’en reste pas moins un domaine convoité, où une certaine gravité assure le développement des peuples séjournant à sa surface.

L’influence du Vortex est atténuée par la distance, mais une flore singulière s’est néanmoins développée dans les entrailles de Kuaj-Pyoroon, offrant des lieux propices à la Vie. Certaines variétés coralliennes natives de Magim-Lahsaan ont pu s’adapter aux conditions souterraines et entretiennent une enveloppe d’air, cependant limité à cette région du monde. La surface du planétoïde principal, comme celle des autres débris habités, reste tributaire de la magie Nitiri de la tribu Magestaan.

Kuaj-Pyoroon est un monde minéral, riche en ressources et possédant plusieurs vortex vers le Plan de la Terre, qui lui assurent une régénération régulière de ces veines minérales les plus importantes. La faune est composé de créatures planaires mais aucun grand prédateur n’existe, ou en tout cas ne subsiste depuis la venue des Syndarheem sur ce monde. Les Okilonn ont pour leur part peints les parois de cavernes avec d’inquiétantes représentations de monstres légendaires aux formes inconnues.


Ports d’accueil : Oturoon est le principal port de Kuaj-Pyoroon, il s’agit également de la plus importante communauté Syndarheem de la région, et la tribu Œil-ophidien y mène un fructueux négoce de pierres précieuses. Avec une population de trois mille individus, le village est en passe de devenir une véritable cité, dont le cœur serait un temple en construction, voué à Pyorom, protecteur de la tribu. La caste cléricale est ici particulièrement influente et règne sans partage sur le commerce des ressources exploitées par les Riniri, ici guère mieux considérés que des esclaves.

Otlono Neyjd Œil-ophidien (Syndarheem ♂/ Prêtre dreyk [Pyorom] 15/ NM) est le Grand-prêtre de la congrégation tribale de Pyorom, et le maître incontesté d’Oturoon. Il dispose d’une fratrie d’assassins Natori pour faire respecter son autorité, et n’hésite pas à exécuter publiquement quiconque s’oppose à lui. Il règne en permanence une vive tension dans le port, et rares sont les voyageurs s’attardant en ce lieu.

Oturoon est essentiellement un port marchand, où de nombreux seigneurs de tout le système de Dreyk viennent faire du troc pour obtenir les gemmes ramenées des entrailles du monde, ou profiter des alliages dont les Œil-ophidiens ont le secret. Pas moins de trois forges sont établies dans les limites du village, elles rassemblent les meilleurs artisans de la tribu, tout du moins parmi ceux qui acceptent de servir Otlono Neyjd Œil-ophidien. Les sorciers de la caste Nitiri sont peu nombreux dans la communauté, ils pratiquent des tarifs exorbitants pour le moindre enchantement de pierres précieuses, et les acquéreurs de ces gemmes préfèrent généralement patienter jusqu’au retour dans leur tribu.

Le port peut accueillir une vingtaine de navires de moyen tonnage, il est protégé par plusieurs patrouilles Natori appuyées par des membres de la caste guerrière. En cas d’attaque, les assaillants peuvent débarquer sans rencontrer de résistance, mais sont ensuite victimes d’embuscades meurtrières, combinant la magie des ombres et des attaques sournoises.


Ressources : Kuaj-Pyoroon est connu pour ses gemmes et métaux prévieux, qui une fois travaillés sont les symboles du pouvoir au sein des tribus de Dreyk. Ces richesses se régénèrent régulièrement par le biais de vortex liés à la Terre. Les Œil-ophidiens cohabitent difficilement avec les Okilonn, qui occupent les entrailles du planétoïde principal, et disposent donc d’un accès plus aisé à ces ressources. Des accords, régulièrement rompus, indiquent que seuls les Syndarheem peuvent faire le négoce des pierres et métaux avec leurs congénères. Les Okilonn pour leur part, préfèrent généralement commercer avec les représentants de peuplades planaires.


Oeil-ophidienCultures : Le système des quatre castes Syndarheem est ici dominé par les Natori, qui grâce aux dons octroyés par Pyorom peuvent s’imposer face aux Nitiri et Siriti. Otlono Neyjd Œil-ophidien se montre impitoyable pour la tribu qu’il contrôle par la manipulation et l’assassinat de ses opposants. Toute la culture tribale s’est lentement transformée durant ce premier siècle de tyrannie religieuse, bien que les Œil-ophidiens n’aient jamais été considérés comme des individus de confiance.

Les Natori sont ici organisés en cercles de trois à sept prêtres et se forment soit au commerce, soit au combat. Les premiers deviennent des représentants de la tribu et sont nommés Nalari, les seconds forment une garde d’élite, fer de lance de la tribu et nommés Najari. En dehors de ces deux charges cléricales, le culte de Pyorom encourage l’égoïsme, et il n’existe donc aucune hiérarchie, ni même aucune entraide, entre membres de la caste cléricale. Les plus ambitieux, les plus retors, ont une chance d’accéder au pouvoir suprême.

La caste sorcière est considérée comme la rivale de celle des Natori. Ses membres sont peu nombreux parmi les Œil-ophidiens, et ils vivent en ermites sur des planétoïdes isolés. Persécutés par ceux de la caste cléricale, ils obtiennent des soutiens des sorciers d’autres tribus, fréquemment parmi les Magestaan qui voient en eux des alliés en cas de conflit avec les Œil-ophidiens.

Nyokana Myrl Oeil-ophidien (Syndarheem ♀/ Sorcière du Vortex 8/ CN), est considérée comme la plus puissante magicienne de la tribu, son ascendance Magestaan fait qu’elle dispose d’un soutien inconditionnel émanant de la famille régnante Myrl, qui contrôle la tribu de Magim-Lahsaan. Les Nitiri Œil-ophidien voyagent beaucoup à travers le système de Dreyk, et tendent à s’unir avec des membres de leur caste dans d’autres tribus. Ils n’ont aucune organisation face aux persécutions des Natori mais sont connus pour les nombreuses connaissances dont ils disposent sur les Plans de la Roue ancienne, cela grâce à leurs fréquentes alliances avec les communautés Okilonn.

Pour leur part, les Siriti voient leurs fonctions tribales occupées par des prêtres formés au combat depuis quelques générations. Le mercenariat est donc devenu la norme, et les guerriers Œil-ophidiens sont loin de pouvoir rivaliser avec ceux des autres tribus Syndarheem. Ils favorisent des attaques rapides, vicieuses, et font grand emploi de différents poisons. Sans aucun meneur pour les unifier, ils se mettent au service des plus offrants, et n’ont aucun code d’honneur. Lorsqu’ils se rassemblent pour former des bandes maraudant à travers le territoire tribal, ils représentent une menace pour la caste cléricale qui profite de l’occasion pour faire de sanglants exemples.

La caste servante est dans cette région reléguée aux tâches les plus infâmantes. Les Riniri vivent en marge des villages Œil-ophidiens, persécutés par les prêtres et les guerriers de leur tribu, ils ne peuvent ni commercer, ni assister les membres des autres castes afin de bénéficier de privilèges. Ils sont par contre liés à l’artisanat tribal, un domaine jugé honteux selon les traditions Œil-ophidiennes. Il n’est pas rare que des Riniri décident de fuir vers les autres amas d’astéroïdes du système, où ils trouvent invariablement de bien meilleures conditions de vie.

La tribu Œil-ophidien est une source permanente de tensions durant les rassemblements de tous les Syndarheem. Perçus comme des fanatiques religieux, des opportunistes sans honneur, les Œil-ophidiens vénèrent une divinité perturbatrice, également méprisée par les autres Puissances du panthéon Dreyk.

Les choses se sont aggravées depuis la prise de pouvoir d’Otlono Neyjd, dont la propension à faire assassiner ses opposants inquiète les autres chefs tribaux. Il se dit même que la prochaine campagne qui emmènera les Syndarheem dans les Sphères Connues se fera sans les Œil-ophidiens.

De leur côté, les Okilonn vivent dans une ère de paix toute relative, surveillant leurs frontières menant à la surface, là où les Syndarheem convoitent leurs richesses. Leur culture s’est adaptée au Vide, mais la nation de Kuajapaï ne dispose pas de véritable flotte, mais plutôt de quelques riches armateurs faisant du négoce à travers le système de Dreyk, et n’ayant ici que des lieux de villégiature.

Nul ne se souvient des origines du peuple Okilonn, mais bien des vestiges indiquent un lien avec le Plan Primordial de la Terre. Les sorciers élémentalistes sont nombreux, Kuajapaï est d’ailleurs une petite magiocratie où chaque individu se voit marqué à sa naissance par le Kualikann, le plus puissant sorcier du royaume, qui tient également lieu de souverain. Les Okilonn de Kuaj-Pyoroon n’ont pas de traditions martiales, et préfèrent employer des créatures planaires pour former rapidement une troupe. Peu affectés par le Vortex de Dreyk, les Okilonn commencèrent à explorer le reste du système peu avant la venue des Syndarheem, ils n’eurent pas le temps d’étendre les frontières du royaume et furent vaincus par les puissants envahisseurs. Le Kualikann de l’époque parvint cependant à forger un pacte entre leurs deux peuples, et depuis lors, les Okilonn ne portent pas les armes et paient un tribut aux seigneurs Syndarheem les acceptant sur leurs territoires. Ainsi donc, bien que la nation magiocratique puisse facilement anéantir la tribu des Œil-ophidiens, l’ancien accord est respecté par le Kualikann N’zok Batruul (Okilonn / Sorcier élémentaliste [Terre] 16/ N), qui se contente de surveiller les limites de son domaine, et de s’acquitter du tribut à ses gênants voisins.

Il est possible d’accéder au royaume souterrain de Kuajapaï grâce à trois grands puits aux parois ornées d’impressionnantes fresques montrant l’ancienne histoire Okilonn. Ces accès mènent tous à une grande caverne centrale à partir de laquelle rayonnent d’autres grottes formant le cœur du domaine.

Les Okilonn sont organisés en dix-sept clans dominés par les plus puissants sorciers nommés Kuanann. Ils perpétuent des traditions mystiques ancestrales et cherchent régulièrement à imposer leur vision aux autres clans. Le titre de Kualikann reste cependant le seul moyen pour un Kuanann de parvenir à ses fins, car le peuple Okilonn s’est détourné depuis longtemps des actes violents à l’encontre de ses membres. Les duels magiques existent, et servent à régler les litiges ordinaires, mais ils n’impliquent pas de sorts mortels.

Liés au règne minéral, les Okilonn possèdent tous des dons magiques innés, et ceux qui s’avèrent ne pas pouvoir développer des talents de sorciers élémentalistes se tournent vers l’artisanat.

Kuajapaï est une petite magiocratie dont l’influence ne dépasse pas les voûtes des cavernes de Kuaj-Pyoroon, mais des liens existent entre les Okilonn et les autres vassaux des Syndarheem. Le royaume fait ainsi du négoce avec les Kyrzaï de Jamaar-Juuna ou les Pyoneel de Nyataam-Velk, formant une alliance économique en mesure de tenir tête aux tribus de Dreyk. Hors de leur domaine souterrain, les Okilonn de Kuajapaï sont souvent perçu comme un peuple différent des communautés adaptées au Vide, et vivant selon des traditions différentes.


Sites notables : Kuaj-Pyoroon est souvent désigné comme le Monde Syndarheem, de par sa taille et son abondance de ressources. Les autres tribus contestent cette appellation, mais la majorité des voyageurs d’outresphère viennent généralement découvrir les mystères de ce planétoïde.

Nalhoon est une petite communauté Oeil-ophidienne comptant cinquante-sept individus, tous marqués dans leur chair par le même serpent lové autour d’une étoile. Ce sont les descendants d’une lignée ancienne, pouvant faire remonter ses origines à l’époque durant laquelle les Syndarheem vivaient encore dans la Sphère de Sehonid. Tous sont des sorciers, liés au Vortex, mais disposant de pouvoirs très semblables à ceux des Stellaires.

Ezyala Cwurn Oeil-ophidien (Syndarheem ♂/ Sorcier du Vortex 5/ CN), est le guide de cette communauté, allié inconditionnel de Nyokana Myrl Oeil-ophidien, il compense ses pouvoirs limités par un usage extrêmement agressif de la magie entropique, à tel point que même les fidèles Natori de Pyorom réfléchissent à deux fois avant de venir menacer ce regroupement de sorciers belliqueux. La famille Cwurn de Nalhoon forme le bras armé de la caste Nitiri, ses membres sont peu puissants, mais unis face à l’individualisme prôné par Pyorom, ils représentent un pouvoir menaçant au sein de la tribu.

Le village se dresse sur les berges d’un lac peu profond, situé au fond d’un cratère ancien. Un accès au royaume Okilonn de Kuajapaï est tenu secret, il permet aux Cwurn de partager leurs connaissances magiques avec les habitants du monde souterrain, en contrepartie de quoi ces derniers troquent des objets magiques et des ressources alimentaires qui leurs sont inutiles.

Ko’onok est le cœur spirituel de la nation Okilonn, un lieu duquel auraient émergés les premiers représentants de ce peuple, et où les sorciers élémentalistes viennent encore se ressourcer. Au plus près du noyau planétaire, Ko’onok est un cercle de dix-neuf mégalithes abritant plusieurs centaines d’ossements, de ceux qui furent certainement la première colonie dans les entrailles de ce monde. Il faut plusieurs jours pour rallier cette caverne depuis le Kuajapaï, et de nombreux pièges rendent le périple hautement dangereux.

Ko’onok est une croisée planaire, menant aussi bien vers les Plans de la Roue ancienne qu’au sein des réalités Primordiales. Bien qu’elle soit difficile d’accès, il est plus facile pour un sorcier d’ouvrir des passages en ce lieu que n’importe où ailleurs sur Kuaj-Pyoroon. Les pierres levées sont recouvertes de cartes planaires et d’indications sur de nombreux lieux oubliés. L’Histoire des Okilonn se mêle ainsi à celle de nombreuses et mystérieuses peuplades dont nul n’a plus entendu parler depuis des millénaires.

Lorsqu’ils sont nommés Kualikann, il est de bon ton pour les sorciers Okilonn d’entreprendre un pèlerinage vers Ko’onok, et de revenir avec le crâne pétrifié d’un ancêtre, qui devient généralement un symbole de pouvoir.