La Sphère Ancienne

Le plus grand mystère des Sphères Connues reste toujours l’orbe solitaire désigné du nom de Sphère Ancienne. Etrangement, toutes les espèces connues liées au Vide désignent ainsi cette Sphère, dans leur propre dialecte, avec fréquemment une traduction d’un dialecte ancien.

La surface grisâtre et craquelée de la Sphère Ancienne possède une propriété unique et hautement dangereuse ; Celle d’absorber l’essence vitale des mortels afin de permettre la création éphémère de passages brumeux. C’est là l’unique moyen de pénétrer dans l’espace Ancien, et même les Puissances ne peuvent contourner ce phénomène, le prix pour leur passage étant bien plus élevé.

Les abords de la Sphère Ancienne sont étrangement paisibles, et les courants irisés passant à proximité sont d’une surprenante stabilité. Il existait jadis d’étranges tempêtes élémentaires, qui pouvaient balayer des flottes entières en les faisant disparaître. Des récits Clydön mentionnent ce phénomène, mais quoi qu’il ai bien pu se produire, un calme bienvenue s’étend maintenant sur des centaines de milliers de lieues autour de la Sphère Ancienne.

Le système planétaire Ancien compte parmi les plus étranges qui soient; Ces planètes semblent changer avec le temps, seules leurs orbites restant apparemment identiques. Il en va de même pour le soleil central, qui peut tantôt adopter un rayonnement bleuté, tantôt le halo éclatant d’un astre rougeoyant. L’unique point de référence au sein de cet ensemble est une lune isolée, à l’extérieure du système. Là se trouve la Roue des Âges, un temple gigantesque recouvrant la surface lunaire, à la configuration changeante, et où se rassemblent traditionnellement toutes les Puissances connues du Temps.

Par commodité, l’astre solaire est désigné simplement sous le nom de Solaan. Il est impossible de s’en approcher, car les réguliers changements d’intensité et de rayonnement ont engendrés une vaste zone d’instabilités temporelles et magiques, connue sous le nom de Région de Nyerumi, en hommage à une antique divinité qui tenta de se nourrir de cet astre solaire et périt dans sa tentative.

Décrire le système reste une gageure; Certains mondes apparaissent pour plusieurs années, voir pour quelques décades, mais d’autres semblent clignoter brièvement et ne plus reparaître ensuite pour des siècles. Cependant, quelques sages ont patiemment étudiés les mouvements de phases planétaires, et ont pu en tirer un étrange abaque, presque fiable, et permettant à d’entreprenant individus d’organiser des activités commerciales ou diplomatiques, en fonction des planètes apparaissant au sein du système. L’Abaque des Neeraanaath est ainsi nommé en l’honneur du nom de la Cabale Septerii qui en élabora les principes majeurs, il prend la forme d’un énorme boulier en jade sur lequel de complexes agencements permettent de déterminer les phases planétaires.

On désigne plutôt des Ellipses que des planètes, car ces dernières adoptent également des vitesses de déplacement différentes, selon leur masse et bien d’autres paramètres. L’Abaque des Neeraanaath vient alors en complément des cartes de navigation, afin de déterminer une route précise sans risque d’atteindre une zone de Vide. Il existe cinq ellipses au sein du système planétaire Ancien. La plus proche du soleil est occupée par trois mondes aux phases régulières, et par une douzaine identifiés durant les trois derniers siècles.

Ortho minor est un planétoïde de roches cristallines noires dont la surface est marquée par une vaste cavité semblant avoir abrité une colossale entité. Des milliers d’êtres d’espèces différentes, et inconnues, semblent avoir été soudainement pétrifiés dans la masse cristalline, des expressions d’épouvante défigurant leurs traits. Le cristal noir d’Ortho minor est réputé pour être une matière de choix dans la conjuration des entités du Royaume Lointain. Vulcanii est un monde volcanique en activité constante. Une épaisse couche de scories incandescentes en suspension rend toute tentative de traversée de son ciel fatale. Des Tritons des flammes nommés Ul’Kelphrenn ont établi en ce lieu un empire plusieurs fois millénaires et abritant de formidables forges magiques, renommées à travers toutes les Sphères Connues. Aruthani est le troisième monde en phase sur la première ellipse du système Ancien. Monde de volcans polaires et de mers de magma équatoriales, la planète abrite les métropoles en ruines d’une civilisation avancée. Aruthani est renommée pour ses formidables donjons, dont les niveaux plongent jusqu’au noyau planétaire, et où les trésors en tout genre abondent, malheureusement gardés par des créatures redoutables, uniques à ce monde très ancien et silencieux depuis longtemps.

La seconde ellipse du système Ancien est occupée alternativement par deux planètes majeures, et près d’une trentaine d’autres qui se maintiennent seulement quelques heures. Ces mondes éphémères sont généralement désignés sous le nom de Planètes de Quêtes, car bon nombre de prophéties au sein des Sphères Connues, et parfois plus lointaines encore, aboutissent au sein de ces mondes mystérieux. Les deux planètes les plus stables sur cette ellipse sont Borgo-Samkar, une planète montagneuse dominée par pas moins de seize empires nains, et Rolunac, un vaste marécage peuplé de tribus de sauriens sanguinaires. Rolunac serait, selon d’antiques légendes, le monde natal des premiers Hurwaetii. Mais nul n’a jamais pu découvrir de traces concrètes de cette occupation. Il est vrai cependant que les Clans d’Hurwaët semblent toujours à proximité de la Sphère Ancienne lorsque Rolunac apparaît sur la seconde ellipse.

La troisième ellipse abrite alternativement une douzaine de mondes très différents, et dont seulement trois se distinguent par des phases de plusieurs années. Mokuton est un monde forestier peuplé par plusieurs ethnies d’elfes sauvages. Des siècles d’ascension au sein de la canopée planétaire ont amenés ces Syndarh’unon à former de vastes plateformes de branches, les Paliers infinis, qui ont fini par former de véritables territoires indiquant le rang de l’individu au sein d’une société tribale complexe. Junon est un monde de roches froides, dont la surface est criblée de passages vers une strate profonde où se trouve un océan plongé dans les ténèbres. Les inquiétants Hanostirii vivent en ces lieux, sur les berges et au sein de cités troglodytiques anciennes. Ce peuple est le vainqueur d’une guerre antique, qui vit les fidèles des divinités olympiennes s’entredéchirer jusqu’à l’extinction totale. Seuls les Hanostirii, vénérant Hadès, ont survécut. La troisième planète de la troisième ellipse est en réalité un ensemble de planétoïdes rassemblés au sein d’une même atmosphère. Ces habitants actuels désignent leur monde du nom de Pont-des-Alyries, ce sont des ethnies humaines particulièrement diversifiées, et dont les origines recouvrent un ensemble phénoménal de Sphères. L’unique point commun de ces nombreuses communautés est un ensemble de préceptes druidiques favorisant l’adaptation de la Vie au sein de leur environnement unique. La philosophie Kuraa-Vacuu est perceptible dans chaque aspect de cette culture, bien que des siècles de traditions parfois antagonistes aient amenées de profondes altérations de l’enseignement Nariac.

Sur la quatrième ellipse se trouvent uniquement deux mondes, qui alternent leur position sur un rythme précis de quatre-cent soixante-seize jours. Une même civilisation occupe les deux planètes, et les variations culturelles liées aux phases restent à peine perceptibles. Le puissant Empire du Phalène bleu rassemble en son sein plusieurs ethnies uniques et aux origines planaires évidentes. Sur leurs mondes déphasés de Kwaloom et de Seyadah, les Keyalaarn poursuivent leurs explorations sans fin du Multivers. Leur culture reste très hermétique aux influences extérieures, mais quelques individus sont de temps à autre conviés à la Cours du Phalène, qui selon toute vraisemblance, serait une Quasi-Puissance liée au Temps. Les rares élus ayant pu étudier au sein des Bibliothèques-sans-limites des Keyalaarn ont pu révéler que cette civilisation était née de migrations en provenance des Plans de la Roue ancienne, et qu’elle s’était formée alors que la Sphère Ancienne semblait être bien plus ordinaire qu’aujourd’hui, avec un système de onze planètes et une étoile de cristal bleuté en guise de soleil.

La cinquième ellipse n’est occupée que par un monde, le Fantôme, qui semble avoir été frappée par un phénomène temporel l’empêchant de se mettre totalement en phase avec son environnement. Une fois tous les cinq cent huit ans, la planète devient suffisamment solide pour que des voyageurs s’y aventurent. Malheureusement, sa surface n’est qu’une étendue aride recouverte de brumes poisseuses. Il semble qu’il n’existe rien de notable sur ce monde solitaire.

Mokuton aux paliers infinis

Type de monde : Sphérique rocheux

Taille : E (diamètre équatorial de 8 426km)

Rotation : 56 heures

Révolution : 873 jours

Lunes : Aucune

Population : 7 548 623 Syndarh’unon, 584 734 Worom

Trame magique : Resserrée, magie druidique dominante

La planète forestière la plus connue sur la troisième ellipse du système Ancien se nomme Mokuton. Recouverte par une forêt millénaire qui s’est développée verticalement pour atteindre plusieurs milliers de mètres de hauteur. La canopée est le domaine de nombreuses peuplades aviaires qui règnent là sans partage et sont les seules à goûter au rayonnement solaire. Les autres espèces de Mokuton vivent pour leur part dans les ténèbres, s’accrochant aux troncs gigantesques de la forêt, tandis que l’Océan des feuilles s’étend sur plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur et renferme de terribles prédateurs, fort heureusement incapables d’escalader les troncs gigantesques de la forêt.

Des vents violents soufflent sur la canopée et viennent se briser sur les massives chaînes de montagnes polaires, et les tempêtes sont fréquentes sur toute la surface de Mokuton.

Ports d’accueil : Les Syndarh’unon ont depuis peu établis des places fortes dans les hauteurs de la canopée. Combattant férocement les peuples ailés de ces lieux afin de profiter eux aussi du rayonnement solaire. Leur lien avec le végétal leur permet de façonner de grandes ailes leur permettant de planer au-dessus de la cime des arbres. Bien qu’ils soient encore loin d’envisager des voyages au-delà de leur ciel, les Syndarh’unon ont aménagés de grandes plateformes pouvant supporter des spelljammers de moyen tonnage. Peu habitués à recevoir des invités descendant du ciel, les Elfes de l’Ecorce ont cependant pris conscience de l’existence d’autres mondes et nombreux parmi les plus jeunes savent que les grandes ailes déjà inventées ne suffiront pour s’élever à la frontière de leur voûte céleste.

Ressources : Mokuton est riche en ressources végétales, qui sont cependant des sources de conflit entre les peuples ailés de la canopée et ceux qui vivent en contrebas. L’unique source d’eau provient des pluies et reste donc une denrée précieuse, le métal est un matériau inconnu sur ce monde.

Les Syndarh’unon ont appris il y a longtemps à préparer onguents et cataplasmes afin de soigner mais également pour renforcer les capacités de leurs guerriers et de leurs druides. La plupart de leurs tribus sont spécialisées dans la création de quelques-unes de ces préparations, en fonction des ressources disponibles sur leur territoire, et elles sont à la base du troc permettant des alliances.

Cultures : Les Elfes de l’Ecorce arrivèrent très tôt sur Mokuton, utilisant des portails depuis leurs territoires dans la Sphère de Sehonid. Il ne fallut qu’une dizaine de générations pour que les colons oublient tout de leurs origines et ne s’adaptent à leur nouvel environnement. Sans leurs divinités pour les guider et les protéger, les tribus Syndarh’unon furent maintes fois menacées d’extinction, se heurtant à des peuplades sauvages et des monstres maraudant au sein de l’Océan des feuilles mortes.

Le souvenir du soleil de leur monde natal les poussa à escalader les troncs géants de leur nouvel habitat, mais les meilleurs grimpeurs comprirent que l’ascension jusqu’à la canopée prendrait beaucoup de temps, et que le même instinct poussait toutes les espèces de Mokuton à s’élever.

Après des millénaires de lutte, les Syndarh’unon sont craints et respectés par tous au sein de la vaste forêt planétaire. Porteurs d’un nouvel espoir pour les peuples des troncs, ils entament à peine leur conquête de la canopée, mais se heurtent désormais aux peuples ailés, bien plus nombreux. Les Elfes de l’Ecorce dominent le territoire des Paliers infinis, un ensemble de milliers de plateformes accrochées aux troncs et aux branchages de sept arbres considérés comme sacrés, et tenant lieux de protecteurs des tribus elfiques. En symbiose depuis longtemps avec ces arbres, ils sont guidés par les puissants Ko’run’noton, des Druides puisant dans la sève pour donner force à leur magie. Ces individus commandent aux guerriers de la tribu, les So’tuo’nala, qui officient également en tant que chasseurs pour la communauté. Mâles et femelles peuvent occuper les mêmes fonctions, avec dans plusieurs des tribus majeures une forme de matriarchie séculaire. Les enfants sont élevés en commun par la tribu, chacun se devant de partager son savoir avec les jeunes générations. Traditionnellement, le Ko’run’noton dispense la majorité du savoir élémentaire.

La culture Syndarh’unon est brutale, les épreuves initiatiques ne laissent aucune place à la compassion, et seuls les plus forts peuvent espérer trouver une place au sein de la tribu. Cela étant, la notion d’entraide est profondément ancrée dans chaque individu, et les guerres tribales sont de lointains souvenirs, que même les anciens n’ont pas connus. Bien que les alliances entre de nombreuses tribus restent rares, les Elfes de l’Ecorce sont habitués à faire du troc et à unir leurs jeunes pour fortifier les communautés, ils s’entendent donc pour quelques temps afin de protéger une ressource commune, ou un Palier sur lequel ils honorent des ancêtres communs.

Depuis un millénaire, les nombreuses tribus Syndarh’unon se sont disséminées sur les hauteurs des arbres sacrés. Les plus expansionnistes ont progressées rapidement pour atteindre la canopée où elles ont fondées les premiers avant-postes, se préparant à livrer bataille aux dangereux peuples ailés. D’autres se sont arrêtées à quelques centaine de mètres au-dessus de l’Océan des feuilles mortes, préférant prospérer loin des conflits et au sein de territoires encore riches en ressources. La grande majorité des tribus sont cependant rassemblées autour des plus grands Paliers élaborés quelques siècles auparavant, et reliant entre eux les sept arbres sacrés. Les impressionnantes structures sont anciennes mais la magie druidique permet de les entretenir, pour les quatre millions d’Elfes de l’Ecorce vivant dans cette zone, à trois mille mètres d’altitude.

Le principal ennemi des Syndarh’unon est un ancien peuple de conquérants, qui gravirent rapidement les hauteurs végétales pour se heurter aux peuples ailés. Une grande guerre éclata, et bien des récits mentionnent de véritables pluies de corps chutant vers l’Océan des feuilles mortes, et pendant un temps, plus personne n’entendit parler de ces fiers conquérants. Finalement, tandis que les premières tribus Syndarh’unon commençaient à apercevoir les rayons solaires à travers les branchages de la canopée, les Worom firent à nouveau parler d’eux.

Désormais vassaux des peuples ailés, ceux qui avaient jadis formé l’un des plus grands peuples des troncs étaient ainsi des serviteurs bestiaux, possédant quelques traits aviens nés d’épouvantables hybridations. Les Worom sont des humanoïdes décharnés, ne quittant jamais des atours les faisant passer pour de grotesques parodies d’oiseaux. Leurs anciennes tribus ont disparues, pour laisser la place à des bandes disparates nomadisant dans la Basse-canopée, une région intermédiaire où ils disposent de Nids, petites forteresses permettant de surveiller les approches de l’ennemi. Les guerriers Worom peuvent utiliser des ailes porteuses pour planer en groupes d’attaque, et contrairement à leurs maîtres, n’hésitent pas à descendre dans les profondeurs de la forêt d’où leurs ancêtres émergèrent.

Les Elfes de l’Ecorce redoutent ces dangereux adversaires, car certains Worom ont su s’affranchir de leurs chaînes et règnent sur des peuplades asservies, en profitant de la connaissance héritée des peuples ailés.

Sites notables : Mokuton est un monde où règne la verticalité. Des troncs larges de plusieurs centaines de mètres révèlent de jeunes arbres, tandis que les plus anciens sont de véritables murailles d’écorce. Avec une faune extrêmement diversifiée, la planète peut accueillir bien des voyageurs, qui découvriront là un environnement aussi étrange que dangereux.

La Grande Futaie des Shohn’unon, plus communément désignées par son nom elfique de Silahn’Shohn’unon, regroupe les sept arbres sacrés autour desquels les Syndarh’unon entamèrent leur ascension vers la lointaine canopée. Les troncs mesurent en moyenne deux kilomètres de diamètre et leur écorce d’un vert sombre est parfois épaisse de cent mètres. Comme partout ailleurs sur Mokuton, une faune caractéristique s’est développée en symbiose avec les grands arbres. Les Elfes de l’Ecorce emploient de larges éclats pour assembler leurs Paliers, qui sont reliés entre eux par des entrelacements de branchages ou de cordages. Leurs habitations sont également bâties à partir de fragments d’écorce, sur lesquels sont gravés des scènes de la vie quotidienne. Une tribu Syndarh’unon compte en moyenne deux à trois cent individus et occupe un Palier entier. Les liens du sang permettent à plusieurs tribus de cohabiter, mais la nature fortement chaotique des Elfes de l’Ecorce fait que jamais de telles alliances perdurèrent plus d’une poignée de générations. Nés dans un environnement violent, les Syndarh’unon se montrent querelleurs et incapables d’unir efficacement leurs forces.

En dessous de trois cent mètres, les Elfes ont désertés les Paliers de la Grande Futaie des Shohn’unon. Les plateformes sont délabrées, la végétation a repris ses droits sur la majorité d’entre elles, et d’étranges créatures émergent de l’Océan des feuilles mortes pour commencer à leur tour une ascension vers la lointaine canopée. Des aventuriers solitaires rôdent parfois aux abords de ce territoire oublié, en quête d’objets de leurs ancêtres ou de connaissances perdues, en mesure d’aider leur peuple dans la guerre contre les peuples ailés.

Le Grand nid est un lieu mythique, que nul parmi les peuples des troncs n’a encore jamais pu voir. Berceau légendaire des peuples ailés, le lieu serait un sanctuaire mystérieux où serait rassemblée la connaissance absolue. Les plus puissants Aviens de Mokuton puiseraient en ce lieu des forces étranges, leur conférant des pouvoirs dépassant ceux des Druides Syndarh’unon.

Selon quelques fresques gravées dans l’écorce de la Basse-canopée, le Grand nid serait composé de branches lumineuses formant un torus au centre duquel flotterait un orbe au rayonnement aussi intense que celui de l’hypothétique soleil. Des milliers d’oiseaux de bois seraient perchés le long de la paroi interne du torus, silencieux gardiens d’un savoir oublié. Le contenu de cette connaissance est inconnu des peuples des troncs, beaucoup pensent qu’elle est même inaccessible aux non-Aviens. Quelques explorateurs cherchent cependant un moyen d’accéder à ce lieu de légende, souvent afin de priver les peuples ailés d’un considérable atout, parfois pour tenter d’en appréhender les trésors.

Mokuton aux paliers infinis

Grand canopy par AureliusCat

Type de monde : Sphérique rocheux

Taille : E (diamètre équatorial de 8 426km)

Rotation : 56 heures

Révolution : 873 jours

Lunes : Aucune

Population : 7 548 623 Syndarh’unon, 584 734 Worom

Trame magique : Resserrée, magie druidique dominante

La planète forestière la plus connue sur la troisième ellipse du système Ancien se nomme Mokuton. Recouverte par une forêt millénaire qui s’est développée verticalement pour atteindre plusieurs milliers de mètres de hauteur. La canopée est le domaine de nombreuses peuplades aviaires qui règnent là sans partage et sont les seules à goûter au rayonnement solaire. Les autres espèces de Mokuton vivent pour leur part dans les ténèbres, s’accrochant aux troncs gigantesques de la forêt, tandis que l’Océan des feuilles s’étend sur plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur et renferme de terribles prédateurs, fort heureusement incapables d’escalader les troncs gigantesques de la forêt.

Des vents violents soufflent sur la canopée et viennent se briser sur les massives chaînes de montagnes polaires, et les tempêtes sont fréquentes sur toute la surface de Mokuton.

Ports d’accueil : Les Syndarh’unon ont depuis peu établis des places fortes dans les hauteurs de la canopée. Combattant férocement les peuples ailés de ces lieux afin de profiter eux aussi du rayonnement solaire. Leur lien avec le végétal leur permet de façonner de grandes ailes leur permettant de planer au-dessus de la cime des arbres. Bien qu’ils soient encore loin d’envisager des voyages au-delà de leur ciel, les Syndarh’unon ont aménagés de grandes plateformes pouvant supporter des spelljammers de moyen tonnage. Peu habitués à recevoir des invités descendant du ciel, les Elfes de l’Ecorce ont cependant pris conscience de l’existence d’autres mondes et nombreux parmi les plus jeunes savent que les grandes ailes déjà inventées ne suffiront pour s’élever à la frontière de leur voûte céleste.

Ressources : Mokuton est riche en ressources végétales, qui sont cependant des sources de conflit entre les peuples ailés de la canopée et ceux qui vivent en contrebas. L’unique source d’eau provient des pluies et reste donc une denrée précieuse, le métal est un matériau inconnu sur ce monde.

Les Syndarh’unon ont appris il y a longtemps à préparer onguents et cataplasmes afin de soigner mais également pour renforcer les capacités de leurs guerriers et de leurs druides. La plupart de leurs tribus sont spécialisées dans la création de quelques-unes de ces préparations, en fonction des ressources disponibles sur leur territoire, et elles sont à la base du troc permettant des alliances.

Cultures : Les Elfes de l’Ecorce arrivèrent très tôt sur Mokuton, utilisant des portails depuis leurs territoires dans la Sphère de Sehonid. Il ne fallut qu’une dizaine de générations pour que les colons oublient tout de leurs origines et ne s’adaptent à leur nouvel environnement. Sans leurs divinités pour les guider et les protéger, les tribus Syndarh’unon furent maintes fois menacées d’extinction, se heurtant à des peuplades sauvages et des monstres maraudant au sein de l’Océan des feuilles mortes.

Le souvenir du soleil de leur monde natal les poussa à escalader les troncs géants de leur nouvel habitat, mais les meilleurs grimpeurs comprirent que l’ascension jusqu’à la canopée prendrait beaucoup de temps, et que le même instinct poussait toutes les espèces de Mokuton à s’élever.

Après des millénaires de lutte, les Syndarh’unon sont craints et respectés par tous au sein de la vaste forêt planétaire. Porteurs d’un nouvel espoir pour les peuples des troncs, ils entament à peine leur conquête de la canopée, mais se heurtent désormais aux peuples ailés, bien plus nombreux. Les Elfes de l’Ecorce dominent le territoire des Paliers infinis, un ensemble de milliers de plateformes accrochées aux troncs et aux branchages de sept arbres considérés comme sacrés, et tenant lieux de protecteurs des tribus elfiques. En symbiose depuis longtemps avec ces arbres, ils sont guidés par les puissants Ko’run’noton, des Druides puisant dans la sève pour donner force à leur magie. Ces individus commandent aux guerriers de la tribu, les So’tuo’nala, qui officient également en tant que chasseurs pour la communauté. Mâles et femelles peuvent occuper les mêmes fonctions, avec dans plusieurs des tribus majeures une forme de matriarchie séculaire. Les enfants sont élevés en commun par la tribu, chacun se devant de partager son savoir avec les jeunes générations. Traditionnellement, le Ko’run’noton dispense la majorité du savoir élémentaire.

La culture Syndarh’unon est brutale, les épreuves initiatiques ne laissent aucune place à la compassion, et seuls les plus forts peuvent espérer trouver une place au sein de la tribu. Cela étant, la notion d’entraide est profondément ancrée dans chaque individu, et les guerres tribales sont de lointains souvenirs, que même les anciens n’ont pas connus. Bien que les alliances entre de nombreuses tribus restent rares, les Elfes de l’Ecorce sont habitués à faire du troc et à unir leurs jeunes pour fortifier les communautés, ils s’entendent donc pour quelques temps afin de protéger une ressource commune, ou un Palier sur lequel ils honorent des ancêtres communs.

Depuis un millénaire, les nombreuses tribus Syndarh’unon se sont disséminées sur les hauteurs des arbres sacrés. Les plus expansionnistes ont progressées rapidement pour atteindre la canopée où elles ont fondées les premiers avant-postes, se préparant à livrer bataille aux dangereux peuples ailés. D’autres se sont arrêtées à quelques centaine de mètres au-dessus de l’Océan des feuilles mortes, préférant prospérer loin des conflits et au sein de territoires encore riches en ressources. La grande majorité des tribus sont cependant rassemblées autour des plus grands Paliers élaborés quelques siècles auparavant, et reliant entre eux les sept arbres sacrés. Les impressionnantes structures sont anciennes mais la magie druidique permet de les entretenir, pour les quatre millions d’Elfes de l’Ecorce vivant dans cette zone, à trois mille mètres d’altitude.

Le principal ennemi des Syndarh’unon est un ancien peuple de conquérants, qui gravirent rapidement les hauteurs végétales pour se heurter aux peuples ailés. Une grande guerre éclata, et bien des récits mentionnent de véritables pluies de corps chutant vers l’Océan des feuilles mortes, et pendant un temps, plus personne n’entendit parler de ces fiers conquérants. Finalement, tandis que les premières tribus Syndarh’unon commençaient à apercevoir les rayons solaires à travers les branchages de la canopée, les Worom firent à nouveau parler d’eux.

Désormais vassaux des peuples ailés, ceux qui avaient jadis formé l’un des plus grands peuples des troncs étaient ainsi des serviteurs bestiaux, possédant quelques traits aviens nés d’épouvantables hybridations. Les Worom sont des humanoïdes décharnés, ne quittant jamais des atours les faisant passer pour de grotesques parodies d’oiseaux. Leurs anciennes tribus ont disparues, pour laisser la place à des bandes disparates nomadisant dans la Basse-canopée, une région intermédiaire où ils disposent de Nids, petites forteresses permettant de surveiller les approches de l’ennemi. Les guerriers Worom peuvent utiliser des ailes porteuses pour planer en groupes d’attaque, et contrairement à leurs maîtres, n’hésitent pas à descendre dans les profondeurs de la forêt d’où leurs ancêtres émergèrent.

Les Elfes de l’Ecorce redoutent ces dangereux adversaires, car certains Worom ont su s’affranchir de leurs chaînes et règnent sur des peuplades asservies, en profitant de la connaissance héritée des peuples ailés.

Sites notables : Mokuton est un monde où règne la verticalité. Des troncs larges de plusieurs centaines de mètres révèlent de jeunes arbres, tandis que les plus anciens sont de véritables murailles d’écorce. Avec une faune extrêmement diversifiée, la planète peut accueillir bien des voyageurs, qui découvriront là un environnement aussi étrange que dangereux.

La Grande Futaie des Shohn’unon, plus communément désignées par son nom elfique de Silahn’Shohn’unon, regroupe les sept arbres sacrés autour desquels les Syndarh’unon entamèrent leur ascension vers la lointaine canopée. Les troncs mesurent en moyenne deux kilomètres de diamètre et leur écorce d’un vert sombre est parfois épaisse de cent mètres. Comme partout ailleurs sur Mokuton, une faune caractéristique s’est développée en symbiose avec les grands arbres. Les Elfes de l’Ecorce emploient de larges éclats pour assembler leurs Paliers, qui sont reliés entre eux par des entrelacements de branchages ou de cordages. Leurs habitations sont également bâties à partir de fragments d’écorce, sur lesquels sont gravés des scènes de la vie quotidienne. Une tribu Syndarh’unon compte en moyenne deux à trois cent individus et occupe un Palier entier. Les liens du sang permettent à plusieurs tribus de cohabiter, mais la nature fortement chaotique des Elfes de l’Ecorce fait que jamais de telles alliances perdurèrent plus d’une poignée de générations. Nés dans un environnement violent, les Syndarh’unon se montrent querelleurs et incapables d’unir efficacement leurs forces.

En dessous de trois cent mètres, les Elfes ont désertés les Paliers de la Grande Futaie des Shohn’unon. Les plateformes sont délabrées, la végétation a repris ses droits sur la majorité d’entre elles, et d’étranges créatures émergent de l’Océan des feuilles mortes pour commencer à leur tour une ascension vers la lointaine canopée. Des aventuriers solitaires rôdent parfois aux abords de ce territoire oublié, en quête d’objets de leurs ancêtres ou de connaissances perdues, en mesure d’aider leur peuple dans la guerre contre les peuples ailés.

Le Grand nid est un lieu mythique, que nul parmi les peuples des troncs n’a encore jamais pu voir. Berceau légendaire des peuples ailés, le lieu serait un sanctuaire mystérieux où serait rassemblée la connaissance absolue. Les plus puissants Aviens de Mokuton puiseraient en ce lieu des forces étranges, leur conférant des pouvoirs dépassant ceux des Druides Syndarh’unon.

Selon quelques fresques gravées dans l’écorce de la Basse-canopée, le Grand nid serait composé de branches lumineuses formant un torus au centre duquel flotterait un orbe au rayonnement aussi intense que celui de l’hypothétique soleil. Des milliers d’oiseaux de bois seraient perchés le long de la paroi interne du torus, silencieux gardiens d’un savoir oublié. Le contenu de cette connaissance est inconnu des peuples des troncs, beaucoup pensent qu’elle est même inaccessible aux non-Aviens. Quelques explorateurs cherchent cependant un moyen d’accéder à ce lieu de légende, souvent afin de priver les peuples ailés d’un considérable atout, parfois pour tenter d’en appréhender les trésors.