Onanth, la nouvelle Rubicon

ImageType de monde: Sphérique rocheux

Taille: D (diamètre équatorial de 6439km)

Rotation: 43 heures

Révolution: Aucune

Lunes: Aucune

Population: 843 784 Ereniens, 23 843 Oroon

Magie: Magie entropique dominante

 

Jadis un monde du Rubicon, Onanth était une plaine rocailleuse sur laquelle se dressaient les puissantes citadelles d’Eren-Athor. Seuls les vastes forêts polaires étaient laissées à l’état sauvage, fournissant du bois et des vivres pour les populations Ereniennes. La mer froide de Selemor était également délaissé, sans intérêt stratégique pour les Gardiens du Rempart, face aux dangers de l’Empire Lointain.

Depuis sa capture par le vortex de Forge-mondes, la surface d’Onanth a bien changée; Les températures plus élevées ont dégeler un permafrost existant depuis des millénaires, faisant naître une nouvelle végétation. La faune polaire s’est répandue dans ces nouvelles steppes balayées par des vents chauds, et les côtes de Selemor sont désormais peuplées par de petites communautés de pêcheurs.

Bien entendu, les effets entropiques du vortex ont également amenés des phénomènes magiques problématiques, altérant certaines espèces animales ou végétales, comme les Marcheurs sylvains de la province de Kielv, d’étranges arbres se déplaçant sur leurs racines et que rien hormis le feu ne peut arrêter.

 

Ports d’accueil: L’antique port spatial d’Erilth abrite encore quelques larges plates-formes ornées de statues des héros du Rubicon, mais les conditions autour d’Onanth sont bien trop hasardeuses pour permettre à la dizaine de spelljammers encore en état de prendre leur envol. La planète n’ayant jamais été une place hautement stratégique, les garnisons des Gardiens furent réduites et servent désormais à d’autres usages.

Le savoir-faire des artisans d’Erilth est cependant soigneusement entretenu, car la nouvelle menace des Scro de Kzaragg pèse désormais sur Onanth, et les spelljammers Ereniens sont en mesure d’assurer une défense atmosphérique efficace.

La cité abrite également le second temple majeur de la planète. Il est voué au culte du Porteur de lumière, la divinité protectrice des mondes de Rubicon. Le Temple Haldar-Marim héberge en outre les reliques de pas moins de trois saints, qui en ces lieux dominés par le chaos semblent pouvoir octroyer des miracles aux fidèles. La Houlette de Saint-Notorius, le Gantelet de Saint-Madrius et le Voile de Sainte-Nicedia sont désormais adorés par une population que l’église dogmatique du Porteur de lumière juge sévèrement, et à la limite de l’hérésie. Mais les reliques représentent également un espoir pour le plus grand nombre, et le Théodim sanctifié Anton Melet, dirigeant la congrégation d’Erilth, veille à ce que tous les rituels liturgiques du Porteur de lumière soient respectés par tous, mais il laisse également les gens du peuple approcher les saintes reliques, afin d’entretenir l’espoir.

La garnison d’Erilth compte deux mille combattants en charge de protéger les cinq grands quartiers en usant d’un impressionnant réseau défensif, fait de balistes géantes et autres engins tournés vers les cieux. Plusieurs canons sont également disponibles, mais leurs composants étaient autrefois fournis par les Nains de l’Enclume, et les réserves sont pratiquement épuisées. Depuis que les pillards du monde voisin de Yooraag-Knoot commencent à affluer, le haut mur extérieur a également été renforcé, et le vieux réseau de défense terrestre fonctionne désormais parfaitement, crachant huile bouillante et boulets de pierre sur ceux qui ont le malheur de s’empêtrer dans les tourbières alentours.

Le Sanctorim Manost Helet règne sur Erilth et veille à ce que chacun remplisse sa part de travail pour le bien-être de la communauté. En contrepartie d’une extrême sévérité propre à ceux de l’Ordre régnant, le seigneur tolère plusieurs grandes célébrations au sein de sa cité, durant lesquelles de précieuses réserves de vin et de liqueur argenté sont distribuées. Redoutable guerrier, froid et austère, Manost Helet fait partie du Cercle des Gardiens du Nouveau Rubicon, l’instance présidant la destinée du peuple Erenien captif du vortex. Grand érudit, il est favorable à l’envoi d’expéditions sur les autres mondes du système, et maintien sa flottille de spelljammers prête au départ.

 

Ressources: Onanth est un monde aux ressources animales et végétales s’étant grandement diversifiées depuis son arrivée dans la Sphère de Forge-mondes. Les grandes forêts polaires, constituées essentiellement de résineux plusieurs fois centenaires, ont données naissance à de nombreuses variétés, souvent étranges mais particulièrement appréciées des artisans Ereniens. La transformation la plus flagrante se trouve cependant dans les abîmes de la Mer de Selemor, où une multitude de nouvelles espèces sont apparues en l’espace d’un siècle. De grandes pêcheries ont été installées sur les rivages et de nouvelles traditions maritimes sont nées.

Pour les Ereniens de Rubicon cependant, ces richesses planétaires ne sont que de simples commodités, allégeant le lourd poids de l’exil loin de leur système. La véritable richesse se trouve dans la Foi, et le partage de chacun au sein des grandes temples du Porteur de lumière, sourd aux suppliques de ses fidèles. Les Théodim, garants de la pureté du dogme, ont consacré plusieurs décennies à compléter leurs bibliothèques liturgiques à partir de la mémoire de chacun. En effet, avant son arrivée dans les bras du vortex, Onanth n’était qu’un monde secondaire dans la ligne de défense du Rempart. Les quelques prêtres qui officiaient alors dans les garnisons n’envisageaient pas de nourrir la ferveur d’une multitude, et cela pour plusieurs siècles. Lorsqu’il devint évident qu’ils seraient en exil pour longtemps, les prêtres d’alors réformèrent leurs rangs pour créer une église temporaire complète. Un Grand Théodim sanctificateur fut nommé, toute une hiérarchie fut crée, et l’Eglise-en-exil du Porteur de lumière entreprit son dur labeur de reconstituer les écrits sacrés de mémoire. Chacun participa à l’effort, et les premières célébrations communes firent prendre conscience aux Ereniens qu’ils possédaient là les clés de leur salut, forgées par tous et pour tous.

 

Cultures: La civilisation Erenienne d’Onanth est très semblable à celle qui a poursuivie son évolution au sein des Sphères du Rempart. Les Gardiens restent les protecteurs du monde, tandis que l’Ordre régnant de Sanctorum assure la discipline et la rigueur morale. Chacun œuvre au mieux pour les autres, et si l’ambition existe bien entendu dans cette société, elle est canalisée par les prêtres du Porteur de lumière afin de servir le plus grand nombre. Bien que la divinité protectrice de Rubicon ne puisse répondre aux appels de ses fidèles, son Eglise-en-exil assure malgré tout l’intermède en maintenant vivace la ferveur religieuse de chacun. Somme toute, les Ereniens d’Onanth supportent les épreuves qui leurs sont imposées, sans faiblir et en gardant l’espoir.

Actuellement, la planète est divisée en seize provinces, chacune sous la juridiction d’un Sanctorim, secondé par un Conseil de ses aides-de-camps, également membres de l’Ordre régnant de Sanctorum, souvent membres de la même lignée que leur maître. Le Sanctorim veille à l’application des Lois Ereniennes sur son domaine, et reçoit quotidiennement les doléances de son peuple. En respectant l’ancien calendrier solaire de Rubicon, le Sanctorim réunit l’ensemble de ses sujets afin d’annoncer les prochains grands événements rythmant la vie du domaine. La défense est assurée par les Chevaliers de l’Ordre de Saint-Coridius, qui forment une prestigieuse cavalerie luttant contre les monstres en maraude, les Ereniens malfaisants et incroyants, ou depuis peu, les envahisseurs Scro de Kzaragg.

Chacune des provinces est sous la protection spirituelle d’un Théodim sanctifié, qui à en charge le domaine sacré où se regroupent les temples et prieurés, ainsi que des terres pouvant être exploitées par le clergé, qui possède de nombreuses dispenses vis-à-vis de la Loi populaire. Le Grand Théodim sanctificateur est l’autorité suprême, représentant du Porteur de lumière. Son influence reste cependant bien moindre que partout ailleurs les sociétés Ereniennes des Sphères du Rempart, la divinité protectrice de Rubicon restant muette depuis l’arrivée du monde dans le vortex. Le Grand Théodim sanctificateur doit ici resté à l’écoute des attentes du peuple, tout en entretenant la ferveur religieuse, seul rempart face à la folie et au chaos. L’absence d’un Roi temporel dirigeant la société fait que les Sanctorim s’en remettent également au Grand Théodim sanctificateur pour toutes les décisions communes qu’il leur faut prendre. De fait, bien que sa position soit des plus précaires, le chef de l’Eglise-en-exil du Porteur de lumière est également seigneur du peuple d’Onanth.

 

Il est intéresant de noter que, du fait de la population présente au moment de la disparition de la planète, les grandes lignées de l’Ordre régnant de Sanctorum n’avaient pratiquement aucun représentant. Comme les prêtres transformèrent leur église pour répondre aux attentes d’un peuple en plein désarroi, les quelques vieux Sanctorim en charge des garnisons planétaires se virent contraint d’adouber eux-mêmes ceux qui souhaitaient servir le Porteur de lumière par la voie de l’épée. Même aujourd’hui, les plus jeunes qui le souhaitent, peu importe leurs origines, peuvent rallier l’Ordre, en partant du principe qu’ils puissent survivre au rigoureux entraînement.

Malgré cette apparente ouverture d’esprit, une grande distinction est faite au sein même de l’Ordre régnant de Sanctorum, entre ceux qui sont nés dans les vieilles lignées traditionnelles, et celles qui naquirent de la nécessité de maintenir un effectif complet. Les six provinces entourant la mer de Selemor et ses abondantes ressources sont ainsi sous le contrôle de Sanctorim pouvant faire remonter leurs lignées à de glorieux faits d’arme à travers l’Histoire de Rubicon, les dix autres provinces, sous un climat plus rude et aux villages moins développés, sont celles sous le commandement de Sanctorim au sang plus commun.

 

Mais tous les Ereniens ne suivent pas la voie pieuse du Porteur de lumière. Certains se sont détournés de la foi pour vivre à l’écart des grandes cités et des provinces sous l’influence du clergé.

Une vingtaine de milliers d’individus vivent ainsi à l’écart, la majorité d’entre eux ont fondés des communautés au cœur des forêts polaires, vivant de chasse. Beaucoup devinrent fous en réalisant que leur destin était de basculer dans un vortex d’énergie emplissant le ciel, mais les plus forts parvinrent à guider les autres, à les inciter à bâtir de nouvelles demeures.

Les phénomènes entropiques suscités par Avalterre incitèrent ensuite les plus curieux à étudier ces énergies mystérieuses, jugées maléfiques par leurs frères et sœurs des cités dans les plaines. Quelques générations furent nécessaires avant que les premiers Théurges Ereniens ne parviennent à développer leurs techniques. Manipulant certaines énergies du vortex, et en appliquant de rigoureuses limitations à celles-ci, les Théurges peuvent manifester des entités primitives, nées de l’entropie mais pouvant être guidées afin d’accomplir des actions constructives. Peu nombreux, les Théurges estiment que leur maîtrise des forces du vortex pourra un jour leur permettre de sauver leur monde. Bien entendu, les membres de l’Eglise-en-exil du Porteur de lumière considèrent ces hérétiques comme leurs pires ennemis, en mesure d’anéantir toutes les valeurs de la société Erenienne aussi sûrement qu’une armée de pillards du Kzaragg.

Quoiqu’il en soit, les communautés polaires n’ont pratiquement jamais aucune relation avec les métropoles des plaines. Et les Théurges restent ainsi au mieux un mythe, au pire une obscure menace cachée dans les bois froids.

Il en va tout autrement des quelques tribus Ereniennes vivant entre ces deux communautés. Pillards sans scrupules, barbares sanguinaires, ils seraient une dizaine de milliers à survivre et lancer des assauts sur les villages sans défense des uns et des autres. Guère plus que des bêtes à forme humaine, la folie des premiers temps les a poussée à pratiquement tout oublier de leur passé, ils se regroupent dans les bois, dormant à même le sol ou dans des cavernes, portant encore des fourrures mal tannées et des boyaux séchés. Ils manient de vieilles armes rouillées mais toujours bien trop dangereuses pour les paysans des communautés polaires comme ceux des plaines.

Les Chevaliers de l’Ordre de Saint-Coridius peinent malgré tout à éradiquer la menace de ces tribus sauvages, très mobiles et encore bien trop nombreuses. Nommés Maraudeurs, les Ereniens barbares représentent depuis peu une menace bien plus grande avec la venue des Scro du monde voisin, ces derniers ayant trouvés une utilité aux primitifs humains dans leurs campagnes de pillages. D’inquiétantes rumeurs mentionnent même l’existence de sang-mêlés parmi les tribus.

 

En marge des plus grandes villes d’Onanth vivent les Oroon, des Halfelins ayant choisi de suivre les traditions Ereniennes et formant une population d’une vingtaine de milliers d’individus. Avant que le monde ne bascule dans les bras du vortex, les Oroon étaient tolérés et se mélangeaient sans difficulté à la population purement Erenienne. Les choses changèrent dans les premiers temps de l’exil, plus personne ne souhaitait se préoccuper du devenir des Oroon, qui dans le meilleur des cas furent désignés comme des parasites consommant bien trop des précieuses ressources disponibles dans les garnisons. Rapidement, des Oroon furent persécutés, essentiellement par des Ereniens apeurés et frôlant dangereusement la folie. Les Halfelins firent le choix de se regrouper dans des quartiers en dehors des murs, formant des patrouilles et finissant par annoncer clairement leur souhait de vivre à l’écart.

Depuis, la situation entre les deux peuples s’est apaisée. Les Oroon possèdent toujours une population stable et sont devenus des artisans talentueux, appréciés de tous et contribuant à l’amélioration constante du bien-être de chacun. Les Oroon vénèrent la Petite sœur, une divinité mineure liée au Porteur de lumière, et incarnant les principes de l’entraide et de la vigilance. Chaque communauté Oroon dispose de son temple consacré à la déesse, et un clergé itinérant officie pour les jours sacrés, concordant avec ceux de l’Eglise-en-exil. Exclusivement féminin, ce clergé Oroon reste en marge des grandes décisions prises par son homologue Erenien. Malgré tout, les Soeurs Oroon reçoivent un très bon accueil dans les petites communautés Ereniennes, car leurs dons pour soigner sont offerts à tous. La Vénérable sœur chapeaute la congrégation religieuse Oroon, elle est respectée de tous parmi son peuple, et offre même aux Ereniens les plus démunis le gîte et le couvert dans les prieurés de son ordre.

Le culte de la Petite sœur est défendu par les Frères-protecteurs, des Oroon formés au combat qui ont fait le choix de servir, peu après les exactions envers les leurs. Bien que leur apparence puisse parfois prêter à sourire, les Frères-protecteurs sont d’excellents combattants, usant d’épées courtes et de piques, montant des sangliers géants qu’ils dressent dans des fermes à l’écart des grandes villes Ereniennes. De plus, leurs rites initiatiques les poussent à séjourner dans les environnements les plus rudes d’Onanth, où ils développent un sens de la survie faisant d’eux d’excellents guides.

 

Sites notables: Onanth est un monde subissant de nombreux changements du fait de l’influence du vortex sur sa trame magique. Durant ses sept siècles de présence à côtoyer l’Avalterre, bien des phénomènes étranges se sont produits, amenant la naissance de formes de vie nouvelles et souvent inquiétantes.

Ce sont les Chevaliers de l’Ordre de Saint-Coridius qui ot recensé le plus grand nombre de ces lieux corrompu par l’entropie, marquant ces régions du sceau de l’interdit pour les Ereniens. Malgré tout, nombreux sont les jeunes explorateurs à vouloir expérimenter des sensations nouvelles.

 

Les Bosquets-Saphirs sont regroupés au sein d’une région de collines rocailleuses, à plusieurs jours de cheval des communautés les plus éloignées. Il n’est pas rare que quelques Maraudeurs fréquentent cette région, augmentant un peu plus le danger.

Les Bosquets sont nés d’une succession de conjonctions de forces mystiques, il y a près de deux siècles. Ensembles d’arbres cristallins sertis de gemmes multicolores, ils ont rapidement attisés la convoitise parmi le peuple des cités, mais également chez certains prêtres du Porteur de lumière, qui envoyèrent de jeunes gens collecter les plus belles pierres. De fil en aiguille, un Théodim sanctifié découvrit les gemmes étranges ramenées d’un aventureux périple, et les confisqua. Il les fit sertir sur une couronne, qu’il espérait bien pouvoir porter après son ascension dans la hiérarchie de l’Eglise-en-exil, mais une conscience supérieure prit possession de lui. Si les autres pierres des Bosquets étaient simplement des ornements fabuleux, les saphirs étaient pour leur part autant de réceptacles pour des entités malveillantes et redoutables. Le Théodim sanctifié devint un serviteur manipulateur, qui causa de nombreux morts et faillit réussir à prendre le contrôle de la destiné des Ereniens.

Depuis lors, les tentatives de destruction des Bosquets-Saphirs n’ont rien apportées de plus que des arbres cristallins plus nombreux, poussant aux mêmes emplacements et gagnant même du terrain. Un vieux Chevalier de Saint-Coridius est posté aux abords des bosquets, veillant à ce que nul ne s’approche des gemmes. Il lui faut cependant toute sa vigilance pour repousser les imprudents, attirés par la promesse de richesse facilement acquise.

Nul n’a encore pu étudier les mystérieuses entités vivant dans les saphirs de ces bosquets, et le clergé Erenien interdit formellement toute tentative en ce sens. Considérées comme impies, les créatures connues sous le nom de Corruptrices de l’âme sont tant redoutées que plus aucun saphir n’a été taillé depuis la découverte de leur existence.

 

Le Lac de Kzvim est un autre phénomène lié à l’Avalterre. Il n’existait pas un tel plan d’eau sur Onanth avant son premier siècle de captivité dans la Sphère de Forge-mondes. Le Lac fut découvert par un groupe de jeunes Chevaliers de Saint-Coridius, en quête d’une relique sacrée, la Fibule du Saint oublié.

Composé d’un liquide visqueux de couleur orangée, le Lac semble animé d’une conscience capable de projeter des pensées et des appendices à plusieurs lieues de distance. Un seul des Chevaliers pu revenir dans les provinces Ereniennes, pour parler d’un terrifiant démon dévoreur d’âme, gagnant en puissance au fonds d’un lac maudit. Ses derniers mots furent pour nommer la créature du nom de Kzvim. Un nom se retrouvant dans les plus terrifiants phénomènes cosmiques de cette Sphère.

Malgré les avertissements du clergé, le Lac de Kzvim est situé sur la route des basses montagnes australes de Koleris, où vivent des familles de mineurs acheminant leurs marchandises vers les cités Ereniennes, les victimes sont donc nombreuses à êtres attirées vers la matière visqueuse qui les dévore. Mais le principal danger lié au Lac de Kzvim est sa propension à libérer de temps à autre des hordes de créatures à demi-dévorées, recouvertes de mucosités et dont le seul objectif est de capturer et ramener de nouvelles victimes dans le lac.

 

La Forteresse de Renatius est une ancienne place-forte, historiquement la première à avoir été fondée par les Ereniens sur Onanth, se trouvant au cœur de la forêt polaire australe. Ancien port de spelljamming dont les plates-formes peuvent encore soutenir une demi-douzaine de petits spelljammers, la Forteresse est désormais un fief des Scro de Kzaragg.

Découverte par hasard durant les premières invasions de ce monde, elle devint un évident pont de débarquement pour les forces suivantes. Au fil du temps, une petite garnison a été laissée en arrière et prolifère depuis. Les Ereniens qui vivaient dans la forêt polaire australe ont fuit vers l’orée, et sont régulièrement menacés par de petites bandes de guerriers gobelinoïdes, ils ont fortifiés leurs communautés, mais face à la sauvagerie de leurs adversaires, bon nombre désespèrent et finissent par se soumettre.

La Forteresse de Renatius est bâtie sur un haut talus de rocailles hérissé de madriers empêchant tout assaut de surface. Construite avec des murailles de plusieurs troncs d’épaisseur, la Forteresse ne possède que peu de structures visibles, comptant plutôt plusieurs niveaux se déployant le long des parois d’un large puits au fonds duquel se trouve un lac souterrain.

Seules les plates-formes d’atterrissage et quelques tours de guet sont en fait visibles depuis le lointain. Les Scro ont ainsi trouvé là un parfait point de débarquement et ambitionnent d’étendre discrètement leur territoire, sans même que les Ereniens ne se doutent de leur présence sur Onanth.

La Sphère de Forge-mondes

ImageRainbow Vortex, par Rinelisan

L’orbe orange vif de Forge-mondes est difficile d’approche, tant l’influence de son vortex central transcende les réalités, et affecte également les éthers du Phlogiston sur des centaines de milliers de lieues à la ronde. Pour l’imprudent voyageur qui tente de naviguer dans cette région, les forces gravitationnelles existantes sont telles que le Temps lui-même en est altéré. Le lent mouvement du vortex nommé Avalterre s’imprime au sein des nuées de gaz multicolores.

La surface de la Sphère orangée subit également d’inconcevables contraintes, se manifestant sous la forme de plissures, pouvant parfois s’élever à plusieurs milliers de mètres, et semblant devoir à terme briser l’épaisse enveloppe cristalline.

 

Il n’existe aucun passage permanent menant à l’espace de Forge-mondes. Un peuple ancien et oublié chercha vraisemblablement à stopper le mouvement du vortex en disséminant dans le Phlogiston alentour un ensemble de sanctuaires mystiques aménagés dans d’incroyables géodes cristallines, apparemment une matière proche de celle des Sphères elles-mêmes. Mais quelles que furent leurs ambitions, elles furent déçues. Cependant, plusieurs de ces sanctuaires, retrouvés par les membres de la Guilde des Cartographes éthériques, disposent de versions maîtrisées du vortex, à une échelle bien moindre que le titanesque phénomène cosmique, et permettant de traverser les distances imprégnées de son influence. Ce sont des passages dimensionnels dangereux, qui peuvent mener d’un côté comme de l’autre d’Avalterre, voir même nulle part.

Pour ceux qui parviendraient à approcher de la face externe de Forge-mondes pour ouvrir un portail, malgré les profondes perturbations magiques environnantes, il resterai une étape non négligeable à franchir; La face interne de la Sphère de cristal est en effet occupée par la Grande nébuleuse étoilée de Kzvim. Un tel nom peu inspirer les Bardes, il s’agit en réalité d’un immense amas de gaz élémentaires, recouvrant intégralement la surface intérieure de la Sphère et sur une profondeur de dizaines de milliers de lieues. Contrairement aux nuées éthériques du Phlogiston, les gaz de la Grande nébuleuse sont excessivement nocifs, et ils ne sont pourtant rien face au danger des Etoiles de Kzvim. Les astres scintillent dans les cieux des mondes de ce système singulier, mais leur présence glace d’effroi ceux qui les regardent. Les Etoiles de Kzvim sont en effet autant de passages vers une dimension faite de néant, le Désert de Kzvim, et si partout ailleurs à travers les Sphères Connues, un tel phénomène néfaste serait finalement ignoré, les peuples de Forge-mondes ne peuvent agir ainsi.

En effet, la particularité cosmique d’Avalterre est d’attirer des planètes extérieures à la Sphère de cristal, qui basculent inexorablement vers le vortex. Un jugement est alors porté, sur les peuples, ou peut-être l’état de la Trame planétaire, nul ne le sait avec certitude, mais il n’en reste pas moins que certaines planètes traversant Avalterre disparaissent, tandis que d’autres en émergent pour continuer leur course vers la Grande nébuleuse étoilée de Kzvim. Ces mondes sont alors noyés dans des tourmentes élémentaires dévastant tout, et ils sont finalement détruits en rencontrant les Etoiles de Kzvim, qui traversent de part en part l’enveloppe planétaire en laissant des trous béants, jusqu’à ce que les mondes jugés se désagrègent.

 

Avec de tels résultats, pourquoi les anciens nommèrent-ils cette Sphère Forge-mondes? Tout est lié à une légende ancienne, dont les termes sont contradictoires d’une traduction à l’autre. Cette légende mentionne Kotuuni, un monde aujourd’hui impossible à localiser, mais dont la soudaine disparition fut attestée par au moins trois peuples Héritiers. Kotuuni reparut dans la Sphère de Forge-mondes, et entama sa chute inexorable vers le vortex. Au moment du Jugement, la planète disparue, pour reparaître à son emplacement originel! Avant toutes ses épreuves, Kotuuni n’était qu’un monde mineur sans ressources ni culture notable. Sa traversée du vortex Avalterre sembla cependant lui avoir été profitable, car du moment de son retour jusqu’à la fin de l’Âge des Héritiers, la puissante civilisation Kotuun fit rayonner sa culture à travers de nombreuses Sphères de cristal. Selon la légende, la planète avait été magnifiée par sa traversée du vortex, et regorgeait désormais de prodigieuses richesses, d’espèces animales et végétales inconnues ailleurs, ainsi que de métropoles à l’architecture prodigieuses, que jamais les Kotuun, jusqu’alors de primitives créatures sans esprit, n’auraient eu le temps de bâtir pendant leur séjour au sein du système de Forge-mondes.

Un mythe plus ancien encore, mentionne un récit semblable, celui de Jonoc-Ptaral-Meemru, un Timonier Junan narrant dans le style de son peuple la disparition d’un monde aride, Otocu XI, son séjour dans la Sphère de Forge-mondes, puis son retour à l’emplacement original, avec une civilisation avancée à sa surface et de nombreuses ressources endémiques. Bien qu’il s’agisse d’un Junan, il semble cependant douteux qu’un observateur ai pu consacrer plusieurs millénaires à l’étude d’un tel phénomène. Ce mythe ancien d’Otocu XI est donc remis en cause.

Mais à travers les Âges, au moins deux autres phénomènes similaires se sont produits; Des peuples assistèrent à l’apparition soudaine de mondes dans leurs systèmes planétaires, mondes que leurs ancêtres avaient bien vu disparaître. Leur séjour au sein de Forge-mondes ayant été avérés par des navigateurs d’alors, ils furent ainsi considérés comme Jugés par l’Avalterre. Il ne fut cependant retrouvé nulle trace de peuples avancés, tout au plus quelques bêtes étranges et plantes exotiques.

 

Les Puissances n’ont aucune influence au sein de cette Sphère de cristal. Leurs fidèles peuvent prier en échange de faveurs mineures, mais même les Mandatés divins ne peuvent évoluer librement dans le vortex. Le phénomène cosmique est bien plus ancien, et de nombreux Reigar de l’Âge des Légendes vinrent admirer cette force d’entropie indomptable.

Naviguer au sein du singulier système est une gageure, les mondes captifs d’Avalterre ne suivent pas des orbites ordinaires, mais sont attirés les uns après les autres sur les bras du vortex, qui déchaîne ses forces dans tout l’espace sauvage de Forge-mondes. Des chaînes d’éclairs pouvant partir du cœur du vortex, atteignent parfois les Confins du système, des tempêtes mêlant tous les éléments connus peuvent également se manifester, ravageant parfois la surface d’un monde. En ce lieu règne également la magie entropique, affectant toute manifestation et provoquant encore chaos et destruction.

 

Cinq mondes sont actuellement captifs d’Avalterre. Quatre sont en train de basculer vers le vortex, un cinquième vient d’en émerger et entame sa chute vers la Grande nébuleuse étoilée de Kzvim.

Onanth est le monde le plus jeune dans cette Sphère de cristal. Prit dans le système de Rubicon il y a sept siècles, il abrite toujours d’importantes communautés influencées par la culture du Rempart. Plutôt que de céder à leurs plus vils instincts, les habitants d’Onanth se sont rassemblé autour de leur foi commune et prient les Puissances de la Loi et de la Justice.

Yooraag-Knoot n’est guère plus qu’un gros planétoïde informe, dont l’atmosphère s’étiole lentement au contact des énergies élémentaires du vortex. Criblé de cavernes anciennes, ce monde est le fief de dangereux Scro qui maintiennent une flotte de guerre en bonne condition, cela malgré les phénomènes cosmiques destructeurs les entourant. Surpeuplée et pauvre en ressources, la planète ne tolère aucune faiblesse, et les plus puissants se sont lancés dans le pillage des mondes proches, risquant leur existence mais surtout, leurs précieux vaisseaux.

Elep V est un monde cristallin, sur lequel subsistent quelques colonies abandonnées des Junans. Captif depuis plusieurs millénaires, ce monde semble pouvoir résister à l’attraction du vortex et maintien l’ensemble du système dans un certain équilibre. De nombreux aventuriers des planètes voisines tentent régulièrement d’explorer les entrailles d’Elep V, en quête de connaissances suffisantes pour reproduire sa résistance aux énergies entropiques d’Avalterre.

Ur-Djianaï était jadis un monde de la Sphère Ancienne, sur lequel vinrent les Ensorceleurs Dracostellaires de la puissante Maison Urst. Dès lors qu’ils foulèrent le sol de ce monde poussiéreux, ce dernier bascula dans le système de Forge-mondes. Depuis des millénaires, ceux qui arborent la marque de Maiashariith se regroupent sur ce monde, dont ils ont fait leur sanctuaire. Voué très certainement à la destruction en passant dans l’Avalterre, Ur-Djianaï sera abandonné peu avant la fin par la presque totalité de la Maison carapaçonnée. Certains Draconites souhaitent en effet traverser le vortex, dans l’espoir de profiter d’un jugement favorable, qui ils l’espèrent, feront d’eux les égaux des plus puissants dragons stellaires.

 

De l’autre côté d’Avalterre se trouve Nohm-Lak, une planète aux prodigieuses richesses végétales, sur lequel ne subsistent plus que de petites communautés de rescapés. Le jugement de leur monde a été défavorable, et ils basculent lentement vers la Grande nébuleuse étoilée de Kzvim. Jusqu’au dernier instant, tous croyaient pouvoir bénéficier des bienfaits du vortex, regagner le système d’origine de leurs ancêtres, sous des formes magnifiées. Il n’en fut rien, et une vague de folie décima la presque totalité des peuples de ce monde condamné.