La Sphère de Pionaï

La Sphère de Pionaï est un orbe noir nimbé par d’immenses brumes élémentaires majoritairement dominées par l’Eau. Des tempêtes se forment régulièrement sur la face extérieure de la Sphère, et un spelljammer prit dans une telle tourmente se voit immanquablement brisé par la puissance des trombes s’abattant sur sa coque.

Il existe sept Portes des Pluies, passages permanents menant à l’espace Pionaï. Ce sont de larges détroits au sein de la matière cristalline, mais séparant le Phlogiston du Vide grâce à des murailles liquides. De véritables cimetières de vaisseaux forment des obstacles difficiles à franchir, ils sont les vestiges de ceux qui tentèrent de passer les Portes des Pluies.

Mais si le danger de ces nuées liquides est bien présent, les voyageurs doivent surtout se méfier des créatures peuplant les plus grandes concentrations élémentaires. Bien que plusieurs espèces puissent se distinguer, celle des Dragons Kionakaï marque sans conteste les esprits de par la cruauté de ses membres. Les créatures sont relativement petites, la norme adulte étant d’une cinquantaine de mètres, et ces reptiles se distinguent principalement par leur intelligence réduite. Mais les Kionakaï restent toutefois des créatures draconiques, et leur souffle-typhon peut dévaster le plus puissant cuirassé s’aventurant sur leur territoire.

Les voyageurs étant rares au sein de l’Agrégat de Chelonn, nul ne s’est jamais intéressé à l’écologie de ces dangereuses créatures. Mais il est certain que le nombre des Kionakaï dépasse de très loin les populations draconiques des autres Sphères Connues. La face extérieure de Pionaï est leur domaine, et nul ne peut espérer s’y aventurer sans payer un lourd tribut aux dragons-trombes.

Le système de Pionaï est constitué de trois mondes-océans tourmentés par de puissantes marées. Une ceinture extérieure forme pratiquement une sphère de débris gelés autour de ces planètes. Un soleil orange diffuse un fort rayonnement affectant majoritairement les formes de vie végétale, qui prolifères sous la surface des océans planétaires. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir de lointains astéroïdes se couvrir d’une fine pellicule de mousses multicolores se nourrissant de ce rayonnement orangé.

La ceinture de débris est nommée Dar-Ionoc, elle n’abrite que de petites communautés nomadisant d’un archipel d’astéroïdes à un autre, utilisant des voilures solaires et de vieilles barges peu adaptées au Vide. Descendants de rescapés des grandes guerres qui menacèrent régulièrement les N’uru’N, ces individus ont ainsi des origines très variées et certains possèdent encore des bribes de connaissances oubliées.

Le monde le plus éloigné de Porguu, le soleil de cette Sphère, est nommé Tuoc-Lornac, mais il est plus généralement connu comme la Planète des Tempêtes. Sa surface est un océan en permanence déchaîné et subissant des phénomènes climatiques extrêmes. Des orages d’une violence rarement égalée menace régulièrement tout spelljammer tentant une approche de l’océan, et seuls les plus talentueux capitaines peuvent espérer amerrir sans trop de dégâts. Sous la surface règne par contre un calme absolu, et sur les plus hauts plateaux sous-marins se dressent de vastes métropoles coralliennes, illuminées par des algues géantes formant de véritables forêts aquatiques. Tuoc-Lornac est le domaine des Amjad-Anoru, les Seigneurs N’uru’N du Corail. Chacune des douze grandes cités abrite un vortex vers le Demi-plan du Corail, un lieu de pouvoir où lesAmjad-Anoru ont façonnés une véritable civilisation autour du culte de cet élément.

Le monde médian du système est nommé Luoc-Varac, mais plus communément, il est désigné comme la Planète des Typhons. Monde-océan au ciel chargé de nuages jaunes, les perturbations climatiques visent essentiellement la surface des flots, où se forment soudainement et régulièrement d’immenses typhons pouvant happer les plus importantes nefs. Le socle rocheux de ce monde est fissuré, des coulées de magma s’écoulent fréquemment et limitent ainsi l’implantation des différentes cultures qui se sont ainsi adaptées à ces conditions et ont fondées des cités flottantes, arrimées aux plateaux les plus stables. Luoc-Varac est le domaine des Amjad-Pohnru, les Seigneurs des Typhons, qui étendent leur influence au sein de la contrée élémentaire des Trombes. Au plus près du soleil orange se trouve Vuoc-Nadac, la Planète des Algues. Le foisonnement de la vie végétale sous-marine a ici été tant favorisé que l’océan disparaît dans une vaste forêt d’algues géantes et douée d’une singulière conscience collective. Les N’uru’N ont depuis longtemps renoncés à fonder de grandes métropoles en ce lieu, mais de nombreux vortex mènent au Demi-plan des Algues, le domaine ancestral des Amjad-Sohnru, qui règnent sur de nombreuses créatures pseudo-élémentaires uniques et redoutables.

Histoire de Pionaï: Le système de Pionaï, avec ses trois mondes océaniques et son anneau d’astéroïdes gelés représentait jadis un territoire dominé par les Shyelnoc, d’immenses tortues géantes douées de conscience et imprégnées d’énergies élémentaires. Peu nombreuses mais possédant une longévité exceptionnelle, elles s’aventurèrent dans les Trois océans et évoluèrent lentement, jusqu’à pouvoir traverser le Vide pour se rapprocher de leur soleil orange, le Porguu.

Au contact de ce puissant rayonnement, les créatures se développent en taille, au point de basculer vers l’atmosphère du monde qui sera plus tard connu sous le nom de Vuoc-Nadac. La majorité des immenses tortues s’éteignent soudainement, les rescapées de ce drame tentent de s’éloigner du soleil, mais sont emportées au gré des courants à travers le Vide, jusque dans les Confins où il est encore possible de retrouver leurs dépouilles gelées.

Bien des millénaires plus tard, les Clydön découvrent cette Sphère et parviennent à s’établir dans la ceinture d’astéroïdes, où ils aménagent quelques avant-postes en attendant de pouvoir conquérir les trois mondes-océans. Leur expansion reste néanmoins fortement limité par leur aversion pour ce type de planètes, également par la présence constante des Treel, qui convoitent les Sphères de l’Agrégat et mobilisent continuellement des forces.

En 512 du calendrier impérial Clydön éclate la Grande guerre des Agrégats, un conflit majeur dans la conquête des Sphères Connues par les Sorciers, qui se heurtent à une force supérieure de Treel. Officiellement, le Own-Shaneel est maître de l’Agrégat de Chelonn, mais en réalité, la campagne militaire a été si coûteuse que seuls quelques avant-postes seront maintenu, pour être finalement abandonnés.

La culture Pyrïn apparaît dans la Sphère de Nutaraï. Quelques explorateurs de ce peuple puissant s’aventurent à travers des vortex pour rallier les mondes-océans de Pionaï, mais comme la majorité des précédents visiteurs, de tels environnements ne conviennent pas à l’établissement d’une culture conquérante. Certains Forgeurs de lunes séjournent cependant suffisamment longtemps dans la ceinture d’astéroïdes pour y fonder un Tore de Valic, dont la localisation se perdra toutefois au fil des âges.

En 4709 ci, lorsque les Clydön viennent affirmer leur puissance en éradiquant la civilisation Pyrïn, ceux qui parviendront à fuir les pogrom traverseront le Tore de Pionaï, pour créer une nouvelle destiné, dans les Plans Extérieurs.

Des millénaires s’écoulent encore. Les Illithid des Grandes enclaves déferlent sur les Sphères Connues et viennent se perdre au sein du système de Pionaï. La conquête des mondes-océans n’a toujours guère d’attrait pour les peuples du Vide, qui ne laissent que peu de traces de leurs rapides incursions. Il en va de même pour les Goshènes et une dizaine de peuples mineurs en recherche d’un foyer pendant l’un ou l’autre des âges sombres.

En 12974 ci, la Grande Conjonction des Plans marque l’avènement des N’uru’N. La majorité des civilisations des Sphères Connues s’effondrent, incapables de subsister sans le soutien des Puissances qui règnent dans les Plans Extérieurs et sur les âmes des mortels. Jusqu’alors puissants mais limités à leurs lunes du système de Chenaï, les N’uru’N assistent à la création du Nexus des éléments infinis, qui confère aux plus braves d’entre eux des capacités nouvelles, ainsi que la possibilité d’explorer des dimensions inconnues jusqu’alors.

De puissants seigneurs des N’uru’N atteignent ainsi les mondes-océans, auxquels ils se lient grâce à leurs connexions avec des Demi-plans dont ils se sont rendu maîtres. C’est le début d’une nouvelle ère, durant laquelle les fonds marins des trois planètes sont intensément colonisés. Mais les traditions N’uru’N n’impliquent pas de grandes alliances entre seigneurs maîtrisant des éléments différents du Nexus, l’Histoire de chaque monde de Pionaï suivra ainsi une voie différente, en ne se croisant que rarement le cours des autres.

Tuoc-Lornac, la planète des Tempêtes

(Tuocoruum-Tramleek [Clydön])

Type de monde: Sphérique liquide

Taille: F (diamètre équatorial de 39572km)

Rotation: 42 heures

Révolution: 840 jours

Lunes: Aucune

Population: 1 934 558 N’uru’N

Trame magique:

La planète possède deux visages totalement opposés ; La surface est balayée en permanence par de violente tempêtes pouvant recouvrir un hémisphère entier durant plusieurs jours, tandis que les fonds marins s’avèrent être un environnement paisible, où la vie prolifère sous de nombreuses formes.

Des courants chauds vivifient de vastes bancs coralliens, tandis que des forêts d’algues géantes multicolores s’étendent sur des plateaux de la taille de continent. La faune de Tuoc-Lornac possède une surprenante diversité d’espèces non agressives, qui parviennent à cohabiter dans l’immensité océanique. Il existait jadis de redoutables prédateurs géants, mais l’avènement des N’uru’N a éradiquer bon nombre de ces espèces, ne laissant qu’une poignée de monstres isolés dans des territoires sauvages.

Ports d’accueil: De par ses conditions climatiques extrêmes, Tuoc-Lornac n’abrita jamais aucun port voué aux peuples du Vide. Les Clydön notèrent que les phénomènes météorologiques menaçant pouvaient se prolonger durant des saisons entières, et ils poursuivirent donc leur route vers la conquête d’autres mondes au sein du système de Pionaï.

Plus tard, les Treel tentèrent de fonder une colonie orbitale, à partir de quelques débris qu’ils détournèrent depuis la ceinture d’astéroïdes. Mais leurs nombreuses tentatives échouèrent, faisant tomber des pluies de feu dans l’atmosphère tourmentée du monde.

Ressources: Si la surface de Tuoc-Lornac n’a que peu à offrir au voyageur imprudent, les profondeurs de son vaste océan regorgent pour leur part de richesses incroyables. La flore abondante qui tapisse les fonds marins favorise l’éclosion de nombreuses formes animales, dont la forme dominante reste celle du corail, véritable force élémentaire en ce lieu.

Des siècles d’études et d’expérimentations ont permis aux N’uru’N de développer des variétés uniques de coraux, servant leurs propres besoins, mais améliorant également leur impact sur l’environnement planétaire. Les coraux peuvent ainsi servir tout autant d’armures que d’armes, nourriture ou encore habitat.

La faune de la Planète des Tempêtes se compose de dizaines de milliers de variétés de poissons, qui forment la base alimentaire des grands prédateurs proches de la surface. Le plus dangereux adversaire dans les eaux froides de la surface est le requin-foudre, une créature hautement intelligente, capable d’attirer vers elle les éclairs tombant des cieux, généralement lorsqu’elle se saisit d’une proie. Immunisé aux éclairs, le requin-foudre semble être imprégné de cette énergie et peut se déplacer brièvement à de prodigieuses vitesses.

Cultures: Les N’uru’N atteignent les grands fonds de Tuoc-Lornac par le biais du Nexus des éléments infinis. Ils sont huit à avoir traverser le passage sans être anéantis, et découvrent peu avant le Demi-plan du Corail,un haut-lieu de pouvoir où la Vie s’est développée à foison. A partir de cette dimensions, ceux qui se baptisent Amjad-Anoru, les Seigneurs du Corail, découvrent le passage menant à Tuoc-Lornac. Les énergies de leur Demi-plan sont ici souveraines, et les formidables capacités d’adaptation des N’uru’N permettent aux Amjad-Anoru de guider leur peuple en ce lieu.

Le corail s’avère être un allié puissant et protéiforme pour ceux qui ont franchit le Nexus. Une profonde osmose née de cette alliance, et la symbiose ne tarde pas à apporter de grands atouts aux deux espèces. Les N’uru’N de la Planète des Tempêtes prennent le nom de N’amja’N, ils s’impliquent dans la Croisade des Plans aux côtés de leurs pairs, mais consacrent leur temps à guider les colonies du Corail afin qu’elles adoptent des formes d’habitats fonctionnels. En quelques générations, de grands ensembles de tours s’élèvent sur les plus hauts plateaux sous-marins, là où les courants sont les plus chauds.

Chacun des huit seigneurs a rassemblé autour de lui une importante communauté et à favorisé son établissement au sein d’une région fertile. Chacun s’est lié à une variété corallienne bien spécifique et en accord avec son tempérament. Au tout début de la colonisation de Tuoc-Lornac, un Amjad-Anoru règne sur une cité corallienne pouvant héberger un millier d’individus, mais la prospérité de ces premières métropoles sous-marines, et les rumeurs vantant les bienfaits de la symbiose avec le Corail, font qu’en moins d’un siècle, les Seigneurs du Corail règnent déjà sur une douzaine de communautés chacun, et sur plusieurs milliers de vassaux.

Les N’amja’N sont des combattants, ils cherchent à démontrer la puissance de la symbiose corallienne à travers leur art du combat. Fiers de leur culture, ils en viennent à se montrer condescendant avec ceux des N’uru’N qui viennent séjourner dans leurs cités et refusent l’union avec le Corail. Des traditions marchandes se développent toutefois en certains lieux, et les armures-corail deviennent particulièrement appréciées par les autres ethnies N’uru’N.

Chaque cité abrite ainsi un rassemblement de coralliers, des artisans-artistes possédant une forme d’empathie particulière, leur permettant de guider des colonies réduites de coraux à adopter les formes souhaitées. Cette forme particulière d’artisanat fait la réputation des N’amja’N qui commencent à prendre conscience de l’omniprésence du Corail dans leur existence. Très peu séjournent au sein du Demi-plan, où leurs maîtres se rassemblent régulièrement afin de partager leur savoir sur cette force élémentaire à laquelle ils sont liés.

Le principe d’Ascension n’est pas encore très répandu, mais les Amjad-Anoru évoluent dans un environnement favorisant la Vie, ils commencent à envisager de transcender leur condition, afin de s’unir au Corail. Pour les aider, ils rassemblent autour d’eux les premiers membres d’une caste d’assistants, les Ano’irii. Dotés de capacités élémentaires supérieures et d’une affinité particulière avec le Corail, ils formeront bientôt une caste cléricale puissante et loyale à leurs seigneurs.

Les N’amja’N vivent en communautés, à l’image des colonies coralliennes au sein desquelles ils vivent. Les enfants ne connaissent pas leurs géniteurs et sont élevés selon les besoins de la communauté. Ils peuvent ensuite choisir leur voie, mais reçoivent tous très jeune une formation militaire, afin de pouvoir servir la Croisade des Plans, en cas de conscription par leur seigneur. Malgré quelques dissensions, les N’amja’N resteront toujours loyaux aux Amjad-Anoru, qui seront très vite considérés comme des Puissances locales, représentants ultimes de la symbiose parfaite avec le Corail. Leur société se constituera tout d’abord autour d’une caste guerrière, celle des Amj’irii, puis sera ensuite dominée par la caste cléricale des Ano’irii. Les castes dites mineures des artisans (Lorn’irii), des nomades (Tuoc’irii) et des sorcières (Jal’irii), tenteront régulièrement de prendre l’ascendant, mais sans rencontrer de succès autre que local. Il faut toutefois cité le seigneur Balva nad’Anoru, qui s’est très tôt entouré d’un conseil de sorcières aux pouvoirs de conjuration impressionnants, pour des N’uru’N. Dans sa ville de Lunoc-Lahn, les membres de la caste des sorcières possèdent une influence égale à celle des Ano’irii. Cette situation reste cependant atypique au sein de la culture N’amja’N, qui favorise plus couramment les miracles élémentaires de la caste cléricale.

Concernant la coexistence avec d’autres peuplades, les N’amja’N se montrent plutôt ouverts, désireux de démontrer la puissance de leurs croyances et de leurs alliés coralliens. Ils sont alliés avec les N’jala’N de la Planète des Algues, avec qui ils partagent une mystique profonde, chose rare parmi les N’uru’N. Les deux peuples ont ainsi combiné leurs pouvoirs afin de fonder de grandes cités sous-marines, et possèdent de forts liens d’entraide. Même si les adeptes du Semeur de Vie tendent à se montrer plus pacifistes, leurs formidables capacités ont permit aux N’amja’N de fortifier leurs communautés grâce aux propriétés de l’Algue. Fort d’une impressionnante réputation guerrière durant la Croisade des Plans, les N’amja’N ont également attirés de nombreux combattants, attirés par les légendaires sanctuaires du Corail rouge, où se développe un art guerrier unique.

Sites notables: Tuac-Lornac est un monde riche en sites merveilleux, aussi bien naturels que façonnés par la formidable volonté des N’uru’N. La violence des intempéries de la surface est contrebalancée par une beauté surnaturelle des grands fonds, où la Vie s’est développée à l’infinie, à travers des formes variées et multicolores. En ce monde ou le Corail domine tous les autres éléments, les ruines anciennes sont totalement intégrées à leur environnement, et seule la lividité de leurs coraux indiquent des lieux privés de vie.

La grande capitale de la culture N’amja’N se nomme Tunoralca-Pamjar, elle est bâtie sur un haut plateau, au milieu d’une vaste forêt d’algues noires au sein de laquelle ont été développées des cultures de variétés comestibles multicolores. La cité en elle-même est constituée d’une structure en dôme au sein de laquelle se combinent les huit principales variétés coralliennes. De nombreux accès circulaires, pouvant être scellés en cas de danger, permettent d’accéder aux huit différents quartiers, où se rassemblent toutes les castes, autour d’un grand temple dédié au Corail. C’est là, au cœur de la ville, que se trouve le vortex permettant de rallier le Demi-plan du Corail, où siègent les Amjad-Anoru.

Un conseil des plus influents Ano’irii, le Cercle du Corail blanc, préside aux décisions liées à Tunoralca-Pamjar, et par extension, influence également les représentants attitrés des Seigneurs du Corail au sein des autres métropoles N’amja’N. Choisis par les Amjad-Anoru pour leur sagesse, mais également pour leur charisme naturel, les membres du Cercle du Corail blanc sont au nombre de huit, et chacun possède un palais accroché au temple.

Hormis quelques gardes protocolaires disséminés dans les lieux les plus populaires, les N’uru’N ne forment pas d’armée dans leur capitale. Ils préfèrent en effet confier leur sécurité aux impressionnants golem de corail, des entités redoutables et adoptant des formes diverses. Nul ne sait combien de ces fantastiques guerriers se trouvent en même temps dans la capitale, car beaucoup restent inanimés, prit dans les architectures coralliennes jusqu’à ce que survienne le danger.

Les Versants de l’algue verte englobent un ensemble de petites dépressions situées sur un étroit plateau s’élevant à plusieurs centaines de mètres du sol alentour. C’est à partir de là que les adeptes du Semeur de Vie sont arrivés sur Tuac-Lornac, et qu’ils ont fait le choix d’aider leurs frères et sœurs N’uru’N de ce monde vibrant d’énergies élémentaires.

La légende veut qu’en découvrant les hauts-fonds de cette planète, les Sohn’irii furent impressionnés par la richesse de son corail, et qu’ils doutèrent pouvoir apporter un bienfait supplémentaire grâce à l’Algue. Cependant, le Semeur de Vie leur démontra une fois de plus combien son élément était suprême ; Il créa une algue d’un vert phosphorescent, capable de se combiner au corail de la Planète des Tempêtes afin d’en magnifier les capacités naturelles.

La région des Versants est ainsi recouverte d’un tel tapis végétal, qui est à la base d’une impossible brumisation des eaux océaniques dans un rayon de quelques lieues, comme si l’algue verte était en mesure de créer une enveloppe d’air géante, capable de supporter la pression de l’océan. Il règne cependant une humidité extrême, limitant fortement toute tentative de développer des colonies coralliennes durables, mais le passage dimensionnel menant à la Planète des Algues est ainsi à l’air libre, au plus profonde de l’océan de Tuac-Lornac.

Luoc-Varac, la planète des Typhons

(Luocoruum-Tramleek [Clydön])

Type de monde: Sphérique liquide

Taille: F (diamètre équatorial de 51422km)

Rotation:36 heures

Révolution: 720 jours

Lunes: Luoc-Sumi, Luoc-Duru

Population: 938 384 N’uru’N

Trame magique:

Luoc-Varac est un monde-océan dominé par de puissants phénomènes climatiques affectant aussi bien sa surface que les cieux jaunâtres perpétuellement tourmentés.

Des changements brutaux de pression et de température lui valent son surnom de Planète des Typhons, et bien peu d’aventuriers peuvent se targuer d’avoir pu amerrir en toute quiétude sur les flots déchaînés de ce monde.

Luoc-Varac connaît également de violents déluges de foudre formant des murailles électriques suivant de prés le passage des typhons. Ainsi donc, par simple bon sens et désir de survivre, les peuples de ce monde se sont toujours développés loin de la surface, émergeant uniquement pour de hauts motifs.

Ports d’accueil: Après de catastrophiques pertes envies et en navires, les Clydön se résignèrent à laisser ce monde sans marque de leur influence. Ils se consacrèrent à établir quelques enclaves lunaires, principalement un chantier naval nommé Luocoreeth, qui fut maintes fois un enjeu stratégique durant les conflits opposant les Sorciers aux puissants Treel. Luocoreeth n’est désormais plus qu’un amas de ruines perdu au milieu d’une savane silencieuse.

Ressources: La Planète des Typhons n’a que bien peu de ressources à offrir aux voyageurs. Les conditions climatiques catastrophiques à sa surface limite fortement les incursions des plus audacieux navigateurs, et la présence des N’uru’N, encore notable, incite finalement la majorité des visiteurs à faire route vers les deux lunes arides plutôt que vers Luoc-Varac elle-même.

Faune et flore sous-marine prolifèrent cependant et forment un environnement où la Vie a trouvée de nombreuses voies pour se développer. Etrangement, il n’existe que peu de grands prédateurs dans les profondeurs de l’océan planétaire, mais quelques spécimen géants de créatures communes peuvent être rencontrés à différents paliers.

La présence de l’Algue, sous une multitude de formes, indique bien l’existence de passages reliant la Planète des Typhons et le monde voisin de Vuoc-Nadac. Les N’jala’N cohabitent d’ailleurs dans quelques communautés, entretenant des forêts sous-marines et des ancrages végétaux pour les plus grandes métropoles N’uru’N.

Cultures: C’est par inadvertance que les N’uru’N découvrent un passage au sein de l’Eau et menant dans les profondeurs abyssales de Luoc-Varac. Le Nexus des Eléments infinis confère à ceux qui osent braver les dangers de la région des Trombes une emprise sur les phénomènes climatiques de ce monde, où trois Seigneurs parviennent à s’imposer, en devenant les Amjad-Pohnru, les Seigneurs des Typhons. Puisant dans la puissance destructrice à leur disposition, ils rassemblent autour d’eux de nombreux partisans et se préparent à la grande Croisade des Plans. Maîtres des trombes et des ouragans, les Amjad-Pohnru négligent longtemps les profondeurs abyssales de Luoc-Varac, pour établir leurs domaines dans le Plan Elémentaire de l’Eau. La planète n’est pour eux qu’un aspect du Nexus, fortifiant leur territoire planaire.

La venue des N’jala’N depuis la Planète des Algues amène de profonds changements au sein de la culture encore embryonnaire des N’uru’N de Luoc-Varac. Leur maîtrise de l’Algue permet d’envisager des communautés arrimées aux grands fonds volcaniques, grâce à des variétés d’algues se nourrissant du magma sous-marin pour se fortifier et croître. La violence des phénomènes de surface limitent cependant la croissance des végétaux amenés par les adeptes du Semeur de Vie. La cohabitation restera toujours difficile, mais c’est bien grâce à cette aide que les Seigneurs des Typhons prendront conscience du potentiel offert par leur monde.

Les N’uru’N nés dans la région planaire des Trombes migrent en masse vers les fonds marins où leurs maîtres souhaitent désormais les voir prospérer. Le changement se fait dans la douleur et suscite de nombreux mécontentement, rapidement réprimandés par les Amjad-Pohnru. Une première grande métropole est aménagée grâce aux N’jala’N, les Seigneurs des Typhons contribuent en sacrifiant un fragment de leur essence élémentaire, qui permet de puiser dans la roche des grands fonds afin de lever de hautes structures ouvertes aux courants marins mais assurant une base solide pour la société naissante.

En quelques générations, la population N’uru’N est multipliée par dix et trois nouvelles cités sous-marines sont bâties avec la pierre volcanique et l’algue comme éléments. Contrairement à leurs voisins de la Planète des Algues, les habitants de Luoc-Varac ne ressentent aucun attachement spirituel à leurs maîtres belliqueux et rarement présents au sein des flots tourmentés de leur monde. Comme parmi bien d’autres sociétés N’uru’N, les Seigneurs des éléments laissent toute latitude à leurs vassaux tant que ces derniers leurs fournissent de nouvelles troupes pour leur Croisade des Plans. Sur la Planète des Typhons, de puissants meneurs apparaissent au sein des plus importantes communautés, ils n’ont pas accès au Nexus des éléments infinis mais possèdent quelques pouvoirs liés à leurs ancêtres planaires. Animés par ce qui sera souvent désigné comme la Fureur du Typhon, ils mettent de côté leurs dissensions afin de s’affranchir de l’autorité des Amjad-Pohnru. Le clergé Sohn’irii soutien ces esprits frondeurs et encourage les N’uru’N de Luoc-Varac à prendre leur indépendance. Mais les Seigneurs des Typhons perçoivent la menace et envoient l’un d’eux, Gloru lon’Pohnru qui déchaîne toute sa puissance pour libérer un colossal typhon sur la surface du monde. Sa force est telle que les effets du phénomènes climatiques atteignent les villes sous-marines rebelles et emportent des centaines de malheureux. Ceux qui se sont nommés eux-mêmes les Varajd-Dahnru se décident alors à envahir la région des Trombes, menaçant leurs anciens maîtres au cœur même de leur domaine. Sans espoir de vaincre, malgré l’absence de deux Amjad-Pohnru et de la majorité des forces mobilisée pour la Croisade des Plans, l’armée d’indépendance de Luoc-Varac parvient à retenir l’attention de Gloru lon’Pohnru qui tue la moitié des séditieux mais accepte de concéder quelques droits aux survivants.

Désormais, les cités sous-marines seront placées sous l’autorité des Varajd-Dahnru qui pourront fonder des lignées héréditaires mais resteront vassaux des Amjad-Pohnru.

La société N’uru’N de Luoc-Varac compte parmi les plus prospères de celles s’étant développées au sein du Plan Primaire. L’autorité des Varajd-Dahnru s’est répercutée d’une génération à l’autre, et malgré quelques heurts avec les Seigneurs des Typhons, c’est bien souvent la loi de ces derniers qui aura prévalue sous les flots de la Planète des Typhons. Pas moins de sept lignées Varajd-Dahnru se sont ainsi fortifiées, et il n’est pas rare d’entendre le nom d’Enfants des Typhons associés à ces puissantes familles.

Les habitants des grands fonds de Luoc-Varac possèdent un tempérament en accord avec les perturbations de leur monde, ils respecteront plus volontiers leurs lignées seigneuriales plutôt que les Amjad-Pohnru avec qui ils ne se sentent plus aucune affinité. Bien entendu, un tel sentiment est entretenu par tous les Varajd-Dahnru qui s’assurent ainsi un meilleur contrôle sur leurs domaines. Chaque lignée possède ainsi au moins une grande ville depuis laquelle rayonne son autorité et ses traditions, à l’exception de quelques communautés indépendantes, où composées d’autres ethnies N’uru’N, les Varajd-Dahnru règnent sur prés d’un million d’individus et cherchent à préserver autant que possible leur peuple de la Croisade des Plans. Malgré tout, les Enfants des Typhons ne sont en rien des pacifistes isolés sous les flots d’une planète hostile ; Les seigneurs des Varajd-Dahnru attendent simplement que leur temps vienne de traverser le Nexus des éléments infinis, à partir de là, ils savent que le Multivers n’attendra qu’eux pour de rapides conquêtes et l’expansion de leurs domaines au sein du Plan Primaire.

Comme il existe sept lignées Varajd-Dahnru, il est possible de traverser autant de domaines sous-marins. Depuis la guerre d’indépendance et la consolidation de leur pouvoir, les seigneurs de ces familles sont divisés sur la conduite à tenir afin de préserver leurs traditions au sein de la culture N’uru’N. Le Varajd-Dahnru Gherd Kaluru est le dernier des héros libérateurs de sa caste encore en vie, principalement grâce à un don élémentaire héréditaire rallongeant son espérance de vie, mais également de par son sens aiguë de la stratégie à long terme. Principal meneur d’un mouvement cherchant à emmener les siens au sein du Vide, il estime que l’avenir des Enfants des Typhons se trouve dans la conquête des Sphères de l’Agrégat de Chelonn et de ses puissantes forces élémentaires. Les Varajd-Dahnru Onesh Marunu et Dilac Daluru tendent à suivre cette voie également, et consacrent beaucoup de leur temps à étudier les manuscrits anciens que leurs vassaux parviennent à ramener dans les abîmes de Luoc-Varac. Dilac Daluru est la seule femme comptant parmi les seigneurs de sa caste, elle cherche en outre à favoriser l’avènement d’un matriarcat, aidé en cela par le culte du Semeur de Vie des N’jala’N, essentiellement constitué de femmes, traditionnellement plus à même d’appréhender des notions spirituelles parmi les ethnies N’uru’N.

Les domaines de ces trois lignées abritent des villes prospères et ouvertes aux voyageurs. Bien que ces derniers soient peu nombreux à braver la furie élémentaire de ce monde, des enclaves se sont formées et offrent une variété de services et de connaissances inaccessibles ailleurs sur Luoc-Varac. Les villes de ces domaines sont constituées de grands ensembles d’algues géantes entremêlées, renforçant des structures spiralées de corail rouge. La verticalité est de mise et les niveaux les plus hauts abritent les demeures des membres de la caste régnante, tandis que les niveaux inférieurs sont réservés à une caste de serviteurs, guère mieux que des esclaves de peuples primitifs offerts régulièrement par les Seigneurs des Typhons.

Les quatre autres lignées héréditaires sont plus enclines à soutenir les actions des Amjad-Pohnru, où plutôt à favoriser toute action visant à amoindrir l’influence des Seigneurs des Typhons, afin de pouvoir prendre leur place au sein de la région élémentaire des Trombes. Le Varajd-Dahnru Urlon Torluru est un N’uru’N aux pouvoirs élémentaires pouvant presque rivaliser avec ceux d’un élu ayant traversé le Nexus des éléments infinis. D’une humeur sombre et belliqueuse, il réagit promptement face au danger et exerce même un contrôle mesuré sur les forces naturelles de son monde. Peu désireux de rallier la Croisade des Plans, il n’en convoite pas moins les domaines élémentaires de ses pairs, et s’appuie sur les seigneurs des lignées adhérant à sa vision de l’avenir pour rassembler des alliés.

Par nécessité, les trois autres Varajd-Dahnru intriguent à travers les Plans Elémentaires afin de gagner la confiance d’autres puissants N’uru’N n’ayant pas été choisi pour traverser le Nexus des éléments infinis, mais disposant de suffisamment d’influence pour renverser les arrogants seigneurs de leur peuple. Liés à la Planète des Typhons et à d’innombrables obligations, ils envoient leur progéniture en ambassade, s’appuyant sur leurs héritiers afin de sceller des pactes, et identifier également leurs futurs adversaires.

Sites notables: Luoc-Varac est souvent considéré comme un domaine N’uru’N de seconde importance. Sa culture presque exclusivement liée au Plan Primaire en fait un monde mineur pour le reste de la civilisation conquérante. Cependant, les forces puissantes qui s’accumulent dans ses cieux lui confèrent une aura bien particulière, et la caste régnante des Varajd-Dahnru, une situation inconnue ailleurs, place ce monde au cœur de l’imaginaire N’uru’N.

La Planète des Typhons n’est pas un lieu où les vestiges perdurent à travers les âges. Les plus anciennes cités N’uru’N n’ont que quelques siècles d’existence, et déjà certaines commencent à montrer des faiblesses face aux éléments déchaînés. Ainsi en est-il de Jionoc-Turu, le fief du Varajd-Dahnru Klovon Dalturu, un jeune seigneur héritier d’une longue lignée de redoutables guerriers, et qui aurait des prétentions sur le domaine planaire des Seigneurs des Typhons. Sa cité est érigée sur un haut-plateau rocheux, dont ont été extrait d’énormes blocs cyclopéens qui forment un empilement de dalles creusées de salles aux parois agrémentées de fresques héroïques. Jionoc-Turu n’accueille aucune communauté étrangère, elle ne produit aucun bien mais abrite la plus importante garnison planétaire, avec pas moins de cinq milliers de combattants destinés à la Croisade des Plans, mais qui sont également les premiers milliers d’une nouvelle armée libératrice en gestation. Les habitants de Jionoc-Turu s’avèrent être particulièrement fiers de leurs origines locales, ils restent des N’uru’N, imprégnés des énergies élémentaires environnantes, mais leur loyauté est depuis longtemps acquise aux Varajd-Dahnru.

La cité est ancienne, selon la norme de Luoc-Varac, et ses fondations commencent à ressentir les effets des nombreux séismes, accompagnés presque toujours de coulées de magma. Bien qu’elle soit érigée sur un socle stable et massif, des générations durant, les N’uru’N ont excavés un véritable réseau de cavernes sur plusieurs niveaux qu’ils nomment le Dédale de Turunaca. Longtemps, des seigneurs Varajd-Dahnru tentèrent d’élaborer une Croisée élémentaire, qui aurait pu leur donner un moyen d’accéder à nombre de dimensions, mais ils échouèrent, n’engendrant que des vortex instables et éphémères. Cette Croisée subsiste malgré tout, et permet aux plus aventureux de voyager vers des lieux inconnus.

Jionoc-Turu est également désignée sous le nom de Cité du Typhon-corail, car c’est là que se rassemblent les plus vastes armureries, sous le contrôle des héritiers de la lignée Dalturu. La rumeur veut qu’un seigneur belliqueux pourrait vider ces armureries pour armer pas moins de vingt milliers de combattants. Bien entendu, nombre des plus jeunes N’uru’N en charge des armureries cherchent à gagner en influence, souvent au détriment de leurs parents, certains sont même parvenu à former un groupe d’ambitieux prétendants, les Jion-kan’uru. Ces héritiers cherchent activement à développer des connaissances mystiques, traditionnellement hors de portée de la majorité des N’uru’N, qui tendent à s’appuyer plus fréquemment sur leurs capacités élémentaires innées. Les Jion-kan’uru disposent d’un réseau conséquent d’informateurs à travers toutes les cités sous-marines de la Planète des Typhons, ils sont ainsi rapidement avertit de la présence d’un mage ou d’un autre adepte des arts profanes.

La Faille de Denoc-Karunu est un lieu ancien et oublié de la plupart des N’uru’N peuplant Luoc-Varac. En ce lieu bascula l’épave foudroyée en plein ciel d’un énorme vaisseau de guerre Treel. Egaré au sein du système après une rude bataille contre des forces Clydön supérieures en nombre, le D’noc-Lag’na fut happé par le puits gravitationnel de la Planète des Typhons, avant d’être prit dans une nuée d’éclairs qui le firent basculer dans les abîmes insondables.

Une poignée de Treel parvinrent cependant à survivre, plusieurs ponts de leur vaisseau étant toujours hermétiques, et la nature organique de ce dernier permettant de créer des conditions de survie acceptables. Comprenant qu’ils ne pourraient repartir sans aide extérieure, les Treel se mirent en stase, non sans avoir au préalable élaboré un message qui serait diffusé sous la forme d’une onde mentale.

Il fallu cependant attendre l’établissement d’une colonie N’uru’N à quelques lieues de la faille, et la venue d’un groupe d’explorateurs en quête de ressources utiles à leur communauté. Guidés par les murmures psychiques des Treel, cinq N’uru’N retrouvèrent l’épave, au plus profond de la faille, mais lorsqu’ils tentèrent de remonter afin d’avertir leurs compagnons, le vaisseau organique les captura et les fusionna avec sa coque, conformément aux consignes des Treel à son bord, qui absorbèrent pour leur part les connaissances de ces êtres planaires surprenant. Un N’uru’N fut renvoyé vers sa communauté d’origine, infesté par des spores Treel assurant le contrôle de son esprit, mais amenant également de profondes mutations dans son organisme. Le temps qu’il atteigne la petite colonie de Nioloc-Rulnu, il était méconnaissable et fut traqué comme un monstre. Disparaissant au sein d’une forêt d’algues développée grâce aux dons du Semeur de Vie, le N’uru’N monstrueux infecta les végétaux ainsi que quelques Sohn’irii en charge de la croissance de la forêt. Le Fléau des Deno’Cinii venait ainsi de commencer à faire parler de lui. Il continue toujours à se propager dans les fonds marins de Luoc-Varac, transformant les N’uru’N en créatures hybrides de Treel, amenant les plus solides à développer des pouvoirs psioniques latents, tout en supprimant leur lien élémentaire. Nul seigneur ne s’est encore préoccupé de cette menace émanant des lieux les plus sauvages de leurs domaines, mais bientôt, le Fléau sera tellement puissant qu’il ne redoutera plus la force des N’uru’N.

Luoc-Sumi

La petite lune rocheuse de Luoc-Sumi semble avoir jadis été recouverte par une mer peu profonde où proliféraient des algues d’un orange aveuglant. A l’époque de la colonisation par les Sorciers, le niveau de la mer a déjà dramatiquement baissé et la décomposition des algues empoisonne la fragile atmosphère lunaire.

Le paysage actuel est une plaine aride, jonchée de rocailles portant les traces fossiles du foisonnement de la vie passée. L’atmosphère ténue reste respirable, mais la moindre action nécessite d’importants efforts. Un vortex d’Eau subsiste au cœur d’un réseau de cavernes ou se maintien une source glacée, quelques N’uru’N l’empruntèrent il y a longtemps pour déterminer que ce territoire ne valait pas la peine d’être conquis.

Luoc-Sumi n’abritera finalement qu’une douzaine de petits sanctuaires Clydön, qui seront détruits les uns après les autres par les envahisseurs Treel. Il subsiste cependant des ruines intéressantes pour ceux en quête de la connaissance mystique des Sorciers.

Une obscure référence mentionne les Cryptes dimensionnelles de Luorodh-Brenuun-Kalvaar, un Sorcier qui aurait contribué à l’élaboration des Anneaux de Translation Clydön, et dont le savoir serait toujours enfermé dans les cryptes, gardé par de terribles sentinelles éclipsantes.

Luoc-Duru

Luoc-Duru fut un enjeu stratégique, autant pour les Clydön que pour les Treel, mais la savane pourpre recouvrant désormais sa surface n’est plus désormais qu’un lieu silencieux balayé par un vent chaud provenant des montagnes basses au pôle septentrional.

Ces dernières abritent un important réseau de cavernes, dont les plus élevées sont à ciel ouvert et permettent une vertigineuse descente vers les entrailles lunaires. Là, sans que quiconque ne le soupçonne encore se trouvent les carcasses de dizaines de milliers de Xix, des créatures des temps les plus reculés, qui ravagèrent les Sphères Connues, à tel point que bien des espèces en furent menacées d’extinction totale. Les plaques de chitine, même fossilisées, peuvent représenter un formidable matériau, particulièrement facile à imprégner d’une magie d’enchantement. L’inexplicable présence de ces créatures du Vide au fonds d’un gouffre lunaire pourra cependant susciter bien des interrogations, mais hormis pour les plus braves qui accepteront de descendre au plus profond de ce charnier oublié, il n’y aura nulle réponse possible.

En vérité, un vortex élémentaire subsiste toujours au cœur de ce lieu. Les dizaines de milliers de dépouilles insectoïdes géantes ne sont qu’un fragment de la nuée qui s’engouffra par ce passage, le bloquant pour des millénaires. Les Xix furent attirés par un appel impossible à ignorer, celui d’une Reine de leur peuple, enfermée au sein d’une dimension qui sera plus tard nommée Demi-plan de la Chitine par les N’uru’N.

Vuoc-Nadac, la planète des Algues

(Vuroon-Tramleek [Clydön])

Type de monde: Sphérique liquide

Taille: F (diamètre équatorial de 48527km)

Rotation: 56 heures

Révolution: 1120 jours

Lunes: Vuoc-Nahu’n

Population: 235 846 N’uru’N

Trame magique:

La planète des algues est un monde où l’océan disparaît souvent sous un tapis végétal flottant, pouvant parfois s’étendre sur plusieurs lieues sous les flots. De grandes régions sont encore exemptes d’une telle prolifération, mais les pôles, comme plusieurs larges bandes équatoriales, indiquent à quoi ressemblera le monde dans plusieurs siècles.

C’est le rayonnement intense de Pogruu qui amène une multitude de variétés d’algues à se développer ainsi, au détriment d’une faune de grands prédateurs dont il ne reste plus que quelques milliers d’individus. Les chaleurs étouffantes à la surface jouent également en défaveur des fragiles espèces aviaires de ce monde, qui ont pratiquement toutes disparues.

Vuoc-Nadac est un monde en mutation constante, il peut sembler paisible, et de toute beauté, mais les vastes forêts d’algues renferment bien des dangers, et l’oppressant murmure qui assaille les visiteurs devrait déjà suffire à mettre ces derniers en alerte.

Ports d’accueil: Peu habitués aux mondes-océans, les Conquérants limitèrent leurs incursions aussi près du soleil à quelques missions visant à observer des créatures marines formant alors une complexe chaîne alimentaire. Ils favorisèrent la petite lune aride de Vuroon, sur laquelle ils aménagèrent un comptoir marchand destiné à exploiter les ressources animales de Vuroon-Tramleek. Les N’uru’N n’ayant jamais approché cette lune, le port marchand de Niteem-Randuur émerge toujours de l’épaisse strate poussiéreuse recouvrant la surface. Les descendants d’envahisseurs Illithid ont repris à leur compte les grandes structures encore intactes, et abritant désormais une flottille de sept Nautiloïdes délabrés mais toujours en mesure de naviguer. L’Enclave de Shanuroth évite soigneusement d’approcher des mondes sous le contrôle des N’uru’N et se contente de rechercher des ressources au sein de la ceinture d’astéroïdes. Menaçant envers les fragiles communautés nomades de cette région du système, l’Enclave cherche à retrouver la gloire des premiers conquérants Illithid qui vinrent dans cette Sphère de cristal. Niteem-Randuur est ainsi un lieu à éviter, les flagelleurs mentaux recherchant toujours de nouveaux esclaves afin de renforcer leur emprise sur ce système. Les Illithid de Pionaï sont toutefois peu nombreux, et leur espèce a depuis longtemps dégénérée, un groupe d’aventuriers expérimentés pourra ainsi négocier des réparations ou des vivres, sans pour autant craindre un sort funeste.

Ressources: La planète des Algues mérite bien son nom, et il est ainsi possible de trouver de nombreuses variétés comestibles ou dotées de vertus singulières. Les Clydön négligèrent totalement cette précieuse ressource, alors moins abondante qu’aujourd’hui, ce fut également le cas des N’uru’N, qui favorisèrent la nature élémentaire du végétal plutôt que sa forme physique.

Pour ceux qui se lasseraient de consommer des algues, pourtant très nutritives, il reste la pêche à l’anguille vuocoom, une créature ayant elle aussi proliféré et pouvant atteindre dix mètres. Vorace et hautement agressive, la vuocoom est le nouveau prédateur dominant les forêts d’algues. Sa chair translucide possède un goût amer mais la créature reste malgré cela comestible.

Cultures: Les N’uru’N découvrent tout d’abord le Demi-plan des Algues, grâce au Nexus des Eléments infinis, et c’est à partir de là qu’ils accèdent aux mondes de la Sphère de Pionaï. Les algues forment alors une masse végétale si dense que l’océan est en train de disparaître sur pratiquement toute la surface du monde. L’arrivée des explorateurs planaires provoque nombre de bouleversements dans les profondeurs de Vuoc-Nadac.

Malgré leur phénoménale adaptabilité aux conditions les plus variées, les N’uru’N ne parviennent pas à fonder de grandes colonies sous la surface. Les rares plateaux rocheux disparaissent littéralement sous de prodigieuses épaisseurs d’algues, et les tentatives de fixer des cités dans les faibles courants océaniques attirent immanquablement les végétaux qui se mettent à proliférer à un rythme jamais rencontré ailleurs.

L’ascension des sept Amjad-Sohnru au sein du Demi-plan des Algues favorise l’émergence d’une culture unique au sein de la grande civilisation N’uru’N, l’Algue compte parmi les rares éléments comestibles par tous, et l’influence des seigneurs élémentaires ne tarde pas à s’étendre à travers le Nexus et les dimensions qui lui sont rattachées. Tandis que quatre Amjad-Sohnru choisissent de se rallier à la Croisade des Plans, les trois autres préfèrent consacrer leurs efforts à renforcer le lien ténu entre leur domaine planaire et l’étrange monde baignant dans le rayonnement orange de Pogruu.

Njala bal’Sohnru, le Semeur de Vie, est ainsi connu pour sa grande maîtrise d’anciennes connaissances Kuraa-Vacuu à travers lesquelles il infuse son propre pouvoir sur les algues. C’est grâce à lui que l’océan reprend une place prépondérante sur Vuoc-Nadac et que plusieurs colonies peuvent s’établir durablement non loin de la surface, dans des sphères d’algues entremêlées pouvant contenir une atmosphère respirable. C’est quelques milliers d’individus ne tardent cependant pas à être affectés par des nuages de spores modifiant leurs capacités élémentaires. Ils deviennent les N’jala’N, les héritiers du Semeur de Vie, et commencent à voyager à travers le Nexus afin d’essaimer leur croyance en une prolifération planaire de l’Algue, en tant que vecteur de la Vie.

Les N’jala’N ne sont cependant guère nombreux et doivent revoir leurs ambitions en se concentrant sur les trois mondes-océans de la Sphère de Pionaï. Ils cartographient un réseau de vortex d’Eau et colonisent les grands fonds des deux autres planètes, atteignant même plusieurs astéroïdes lointains, creusés par un peuple inconnu et aménagés en océans réchauffés par des orbes magiques d’une nature mystérieuse. Ils ne parviennent pas à se multiplier comme d’autres ethnies N’uru’N ailleurs dans le Multivers, mais leur société adopte des traditions inspirées du Kuraa-Vacuu. Rapidement, deux autres Seigneurs des Algues s’intéressent au potentiel des mondes du système de Pionaï. Peu intéressés par un conflit ouvert avec le reste du Multivers, ils préfèrent se consacrer à leur développement personnel, visant à atteindre une forme d’Ascension par le biais des énergies élémentaires. Kiryu bal Sohnru et Jorn bal Sohnru deviennent ainsi des disciples du Semeur de Vie, essaimant activement à travers les dimensions du Nexus, attirant l’attention de puissants seigneurs N’uru’N grâce à leur capacité à faire croître les algues dans les plus hostiles environnements.

Le monde de Vuoc-Nadac devient ainsi pour un temps le centre de toutes les attentions. Mais les quatre autres Amjad-Sohnru, qui avaient jusqu’alors choisi de négliger la Planète aux Algues, décident de venir réclamer des domaines sur ce monde. Bien que redoutables guerriers et puissants parmi les N’uru’N, ils ne peuvent rivaliser avec leurs pairs plus pacifiques, et ayant démontré la puissance de l’Algue d’une manière inédite. Les N’jala’N ont finalement établis de nouvelles communautés au sein des forêts d’algues, ils sont suffisamment nombreux désormais pour envisager l’édification d’une grande métropole à partir des végétaux marins à leur disposition. Mais la venue de quatre nouveaux Seigneurs des Algues provoque des inquiétudes. Une caste de serviteurs sacrés du Semeur de Vie s’est développée, et Njala bal’Sohnru commence à pouvoir octroyer des sorts à ses fidèles.

Jaloux de ce pouvoir, Ordan bal Sohnru complote pour attirer sur Vuoc-Nadac ses proches cousins, les Seigneurs des Typhons. Avec leur assistance, il parvient à tuer le Semeur de Vie et à prendre le pouvoir, incitant les N’jala’N désemparés à le suivre dans la Croisade des Plans. Mais l’ambitieux seigneur a été négligent ; Les disciples de Njala bal’Sohnru reviennent de leur pèlerinage à travers les Plans et découvrent le changement de pouvoir. Ils n’ont aucun mal à rallier les N’jala’N à leur mouvement de résistance, et découvrent avec stupéfaction que la conscience de leur maître s’est en réalité liée à l’Algue.

Les Seigneurs des Typhons se retirent de la Planète des Algues, laissant leurs pairs s’entredéchirer pour le contrôle d’un monde qu’ils jugent secondaires en comparaison du leur. Deux des seigneurs belliqueux sont tués dans les profondeurs de l’océan, par les forces mêmes de la nature qu’ils ont cherché à maîtriser. Les N’jala’N voient-là des signes de la présence du Semeur de Vie au sein même de l’Algue, son culte se renforce autour des Sohn’irii, des prêtres investis de puissants pouvoirs, et qui sont guidés par Jorn bal Sohnru vers le Demi-plan des Algues, où la présence du Semeur de Vie commence également à se manifester. Se nourrissant désormais l’une de l’autre, la planète et la dimension au sein de l’Ethérée voient leurs énergies élémentaires se renforcer. La population N’jala’N augmente encore, mais les tentatives pour fonder de grandes métropoles échouent, les conditions de vie sur Vuoc-Nadac restant incertaines.. Cependant, le culte du Semeur de Vie prend désormais sa source au cœur des communautés disséminées à travers les forêts d’algues de la planète, et les voyageurs sont de plus en plus nombreux à se risquer à travers le Nexus des éléments infinis afin de découvrir cette singulière société N’uru’N vouée à la propagation de la Vie.

La culture N’jala’N est essentiellement tournée vers la vénération de l’ancien Seigneur des Algues, désormais une Quasi-Puissance végétale veillant sur les siens. La caste cléricale des Sohn’irii guide chaque communauté planétaire, et ses membres les plus influents évoluent fréquemment au sein des Plans Elémentaires, en quête de connaissances et de reliques N’uru’N utiles au dogme du Semeur de Vie. Contrairement à leurs pairs, les habitants de la Planète aux Algues ne sont pas expansionnistes, et leurs rares communautés à travers le reste du système de Pionaï sont vouées au négoce et à la diplomatie. Le seigneur Kiryu bal Sohnru se charge de ces relations avec les autres mondes, et leurs maîtres N’uru’N. Il cherche activement à étendre le culte de l’Algue au-delà de la frontière cristalline de la Sphère, conscient que des milliers de mondes du Plan Primaire n’ont pas encore été essaimés, mais le spelljamming reste pour le moment hors de portée de la compréhension N’uru’N. Jorn bal Sohnru est pour sa part le dépositaire de l’autorité du Semeur de Vie, il utilise les connaissances de son ancien maître pour diriger son culte, mais surtout pour favoriser sa propre ascension à travers les Plans. Séjournant le plus fréquemment au sein du Demi-plan des Algues, il aime se mêler de temps à autre au peuple de Vuoc-Nadac, afin de procréer dans l’anonymat et voir ensuite si de dignes héritiers se manifestent.

Les deux derniers Amjad-Sohnru ont depuis longtemps abandonnés la Planète des Algues et arpentent les Plans, ne revenant que rarement au sein du Demi-plan. Ils maintiennent cependant de loyaux serviteurs sur le monde de Vuoc-Nadac, guettant le moindre signe de faiblesse de leurs pairs, afin de s’approprier leurs pouvoirs.

Les communautés N’jala’N sont établies le long de tresses d’algues géantes s’accrochant dans les grandes profondeurs de Vuoc-Nadac, dans des régions riches en poissons et où les courants chauds favorisent la croissance rapide des algues. Bien qu’ils soient parfaitement amphibiens, les N’jala’N apprécient les espaces clos, dotés d’une atmosphère respirable. Ils façonnent donc des sphères végétales abritant deux à trois niveaux et pouvant être reliées à d’autres par des tunnels, eux aussi formés à partir d’algues.

Il n’existe pas de structure familiale dans cette culture, les enfants sont en effet éduqués ensemble dans une sphère isolée, et se voient confiés des tâches au service de la communauté, selon leurs capacités et leur âge.

Depuis l’avènement du Semeur de Vie, le clergé Sohn’irii domine la société N’jala’N et encourage vivement les individus à essaimer, aussi bien d’un point de vue biologique qu’à travers un intense partage de connaissances. Cette culture est donc bien une exception parmi les ethnies N’uru’N, plus fréquemment expansionnistes et violentes. Il ne faut cependant pas croire que les N’jala’N soient inoffensifs ; L’Algue est un élément intrusif et cherchant à se répandre à travers le Multivers.

Sites notables: Vuoc-Nadac est un monde mouvant, en grande partie composé d’eau de mer. Malgré leur grande adaptabilité, les N’uru’N ne sont jamais parvenu à y établir leurs légendaires métropoles tentaculaires, et ceux qui vinrent avant eux ne laissèrent rien non plus.

La Planète des Algues reste cependant un lieu gorgé de vie, et depuis la fusion du Seigneur N’uru’N Njala bal’Sohnru avec l’énergie pseudo-élémentaire de l’Algue, des lieux, considérés comme sacrés par les N’jala’N, apparaissent, marquant les esprits de par leur beauté ou leur étrangeté.

La Forêt marine de Luec-Kinioc est le projet le plus ambitieux des Seigneurs des Algues suivant les préceptes du Semeur de Vie. S’étendant désormais sur tout le pôle austral, cette forêt d’algues d’un bleu aveuglant est une formidable source d’air, en mesure de croître dans les milieux les plus extrêmes puis de créer une atmosphère respirable. Le Seigneur Kiryu bal Sohnru supervise personnellement le développement de cette forêt, car il espère pouvoir offrir comme présents aux peuples du Vide des bacs de cette algue pour leurs colonies dépourvues d’air. La Sohn’irii Liac Nadac veille sur la communauté de Kinioc, rassemblant deux milliers de N’jala’N consacrant leur temps à ce projet. Autoritaire et soucieuse de diffuser la Vie à travers ses algues bleues, la prêtresse partage également avec les siens une passion pour le Vide et son environnement hautement hostile.

La Tresse de Litioc est un ensemble d’immenses algues entremêlées et qui se sont détachées du socle planétaire pour évoluer le long d’un courant équatorial. De nombreuses poches d’air peuvent servir d’abris et il n’est pas rare que la Tresse vienne affleurer à la surface des flots, absorbant toujours plus de rayonnement solaire pour croître. Mais ce phénomène est principalement connu pour sa capacité à s’étendre à travers le Demi-plan des Algues, sans l’aide de vortex mais grâce à une particularité unique.

Le clergé Sohn’irii fait grand usage de la Tresse de Litioc et nombre des plus récentes communautés de Vuoc-Nadac sont établies sur son passage, afin de faciliter les transitions planaires du plus grand nombre.